"Pas de place pour le pardon, pas de place pour l'oubli", le député Bruno Questel révèle qu'il a été violé quand il avait 11 ans

Le député de l'Eure est sorti de son silence lundi sur Twitter avant de s'exprimer sur France Bleu Normandie.

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Avec France Bleu Normandie - franceinfo
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Bruno Questel, député de l'Eure, s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 19 janvier 2021. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"J'avais 11 ans, je n'ai jamais oublié" : Bruno Questel a révélé lundi 18 janvier sur Twitter le viol qu'il a subi quand il était enfant. Un témoignage qui s'incrit  dans le contexte de l'affaire Olivier Duhamel, la publication du livre de Camille Kouchner qui accuse le politologue, dans le livre La Familia grande, d'avoir agressé sexuellement son frère jumeau quand il était adolescent. Depuis la sortie de ce livre évènement, la parole d'anciens enfants victimes de viols ou d'incestes se libère sur les réseaux sociaux. Le hashtag #MeTooInceste accompagne ces témoignages.

Interrogé par France Bleu Normandie, Bruno Questel a expliqué le sens de son témoignage. Il condamne ceux qui pourraient tenter de justifier ces actes : "Je souhaitais à travers ce tweet dire 'stop' à une forme de discours que je trouve insupportable, selon lequel à l'époque la liberté dans toute sa dimension pouvait justifier des débordements de la sorte."

"Quand on a été victime de ça, il n'y a pas une seconde où quelque chose, un fait, une parole, un geste, une nouvelle, ne vous ramène pas à cela."

Bruno Questel

à France Bleu Normandie

"Ce sont des vies qui sont broyées, on vit avec ça toute sa vie, poursuit-il. Non, il n'y a pas de place pour le pardon, pas de place pour l'oubli, il faut s'indigner toutes les secondes, ne pas oublier les victimes. Ce n'est pas réparable."

Le député qui sort du silence plus de 40 après les faits est revenu sur son traumatisme qui continue aujourd'hui de le hanter. "Je l'ai connu, vous oubliez, c'est une forme d'amnésie traumatique, et un jour ça vous pète à la gueule, et c'est compliqué, confie-t-il. Vous revivez les événements, vous retrouvez cette forme de solitude qui était la vôtre au moment des faits et après. Je peux vous dire que ça ne part pas, il n'y a pas de remède contre ça. Ça n'empêche pas de se construire, ça n'empêche pas d'aimer, ça n'empêche pas d'avoir des enfants, de les porter, de les protéger. Mais c'est une autre vie que celle que vous auriez dû avoir, j'en suis persuadé", affirme-t-il.

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