La Californie, premier Etat américain à interdire le "stealthing", le retrait non consenti d'un préservatif

Selon la nouvelle loi, une personne commet une agression sexuelle dès lors qu'elle "provoque un contact entre un organe sexuel, dont un préservatif a été enlevé, et les parties intimes d'une autre qui n'a pas verbalement consenti au retrait du préservatif".

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La Californie est devenue, le 7 octobre 2021, le premier Etat américain à punir le retrait non consenti d'un préservatif lors d'un rapport sexuel. (FRED DE NOYELLE/GODONG / PHOTONONSTOP / AFP)

La justice californienne va désormais sanctionner la pratique du "stealthing". Jeudi 7 octobre, la Californie est devenue le premier Etat américain à punir le retrait non consenti d'un préservatif lors d'un rapport sexuel, a annoncé le bureau du gouverneur démocrate, Gavin Newsom. Ce dernier a déclaré vouloir "souligner l'importance du consentement" avec cette mesure. 

La pratique du "stealthing" expose à des risques d'infections sexuellement transmissibles telles que le VIH et de grossesse non désirée. De plus en plus dénoncée, elle reste peu souvent punie par la loi à travers le monde.

"Heureuse que la Californie guide la nation en ce qui concerne le 'stealthing'. Un Etat en moins, plus que 49", a tweeté Cristina Garcia, membre de l'Assemblée de l'Etat de Californie à l'origine du projet de loi. Celle-ci a salué le fait que cela rende ce procédé "non seulement immoral, mais illégal". "Cette lutte a commencé avant ma naissance. Cela n'avait que trop tardé, c'est un euphémisme de le dire", a-t-elle ajouté. 

Une "grave violation de la dignité"

Selon la nouvelle loi, une personne commet une agression sexuelle dès lors qu'elle "provoque un contact entre un organe sexuel, dont un préservatif a été enlevé, et les parties intimes d'une autre qui n'a pas verbalement consenti au retrait du préservatif".

Cette problématique, de plus en plus présente dans la culture populaire, a récemment été abordée dans la série I may destroy you. Le personnage principal, Arabella, a une relation sexuelle avec un homme qui retire son préservatif sans la prévenir.

Le "stealthing" transforme "une relation sexuelle consentie en relation non-consentie", et est "vécu par beaucoup comme une grave violation de la dignité et de l'autonomie", notait Alexandra Brodsky dans un article du Columbia Journal of Gender and Law, qui avait contribué à faire connaître cette pratique aux Etats-Unis.

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