"Faire bouger les lignes" : le journal "L'Équipe" publie les accusations de viols et agressions sexuelles portées d'anciennes sportives

Plusieurs anciennes patineuses et nageuses de haut niveau accusent, ce mercredi dans "L'Équipe", d'anciens entraîneurs de les avoir agressées sexuellement alors qu'elles étaient mineures. 

Jerôme Cazadieu, directeur de la rédaction du journal L\'Équipe (capture écran).
Jerôme Cazadieu, directeur de la rédaction du journal L'Équipe (capture écran). (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Elles témoignent à visage découvert. Plusieurs anciennes patineuses et nageuses de haut niveau accusent, ce mercredi dans L'Équipe (article réservés aux abonnés du journal) d'anciens entraîneurs de les avoir agressées sexuellement alors qu'elles étaient mineures, et dénoncent l'omerta qui règne à ce sujet. "#MeToo est passé par là, mais il y a aussi la volonté de davantage faire bouger les lignes", a réagi mercredi 29 janvier sur franceinfo Jérôme Cazadieu, directeur de la rédaction du journal L'Équipe.

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"On a fait déjà beaucoup de choses, il y a eu des procès, des livres ont été écrits, par des athlètes assez connues, qui ont une vraie médiatisation. Et ça n'a pas vraiment fait bouger les lignes au sein des fédérations, des instititutions sportives. Elle se disent qu'il faut aller encore un peu plus loin, et nous les avons acompagnées pour ne pas laisser le choix, d'une certaine manière, aux fédérations de traiter le problème", a-t-il expliqué.

"En off, ils nous disent qu'ils savaient"

L'enquête de L'Équipe décrit une emprise "psychologique", puis "physique", puis "sexuelle". "On est dans un phénomène d'enfermement", décrit Jérôme Cazadieu. "Certains de ces entraîneurs vont jusqu'à séduire l'entourage familial et les convaincre parfois de leur déléguer entièrement l'éducation et la réussite de leurs enfants en les accueillant chez eux pendant la durée de leur formation".

Dans le cas du patinage, l'enquête fait état d'une omerta qui dure depuis les années 1970. "Il y a beaucoup de gens dans la fédération qui étaient au courant, et qui aujourd'hui font 'non, non, on n'a rien vu' ; en off, ils nous disent qu'ils savaient. L'omerta fait toujours qu'on a un peu peur d'être celui qui va dire la vérité. Celui qui va s'exprimer, c'est à chaque fois ce que l'on voit, est sanctionné derrière. La victime en particulier va se retrouver isolée""C'est aux fédérations de se bouger vraiment, et de se saisir de ce sujet-là", a conclu Jérôme Cazadieu.