Harcèlement en ligne : le procès des internautes qui s'en sont pris à la journaliste Nadia Daam renvoyé en juillet

Après une chronique sur Europe 1 où elle vilipendait le forum 18-25 de Jeuxvideo.com, la journaliste avait été harcelée sur les réseaux sociaux. Deux personnes comparaissaient mardi pour ces faits.

La journaliste Nadia Daam, le 22 janvier 2018 à Paris.
La journaliste Nadia Daam, le 22 janvier 2018 à Paris. (BRUNO COUTIER / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Nadia Daam devra encore patienter. Le procès de deux hommes, jugés pour "menace de mort" et "menace de commettre un crime" après avoir harcelé sur internet la journaliste d'Europe 1 a été renvoyé au mardi 3 juillet. Après une chronique où elle torpillait le forum Blabla 18/25 de jeuxvideo.com, elle avait reçu des menaces de viol, de mort et avait subi des attaques contre ses comptes sur internet.

Des faits qui remontent à novembre. Le 1er novembre, la journaliste avait dénoncé sur Europe 1 la campagne de haine menée sur le forum contre deux militants féministes. "A ce stade de bêtise crasse et de malveillance, il faudrait que les membres de ce forum songent à léguer leur cerveau à la science pour qu'on sache comment il est possible de rester en vie en étant aussi con", avait-elle notamment déclaré, expliquant que "leur maturité cérébrale n'a visiblement pas excédé le stade embryonnaire", et ajoutant que le forum "représentait le bac marron d'internet, les déchets non recyclables". Les deux hommes qui ont, à la suite de cette chronique, harcelé la journaliste encourent six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende.

"C'est la revanche de la réalité". Pour l'avocat de la plaignante, Eric Morain, "c'est déjà une grande victoire que ce procès se tienne". "Ces enquêtes-là sont parfois compliquées, les services de police ou de gendarmerie ne les prennent pas obligatoirement très au sérieux pour des raisons de moyens", indique à franceinfo le pénaliste.

 "Des excuses, je n'en ai rien à faire". De son côté, la journaliste dit attendre de ce procès des explications. "J'ai envie d'entendre ce qu'ils ont à dire. Même si j'ai assez peu d'espoir, on est dans la bêtise", explique-t-elle.