Deux dirigeants d'Havas Paris "en retrait" de leurs fonctions après des accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles

Havas, filiale de Vivendi, a lancé un audit après la publication d'une vingtaine de témoignages anonymes sur un compte Instagram.

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Le PDG du groupe Havas, Yannick Bolloré, s'exprime lors de l'assemblée générale de l'entreprise, à Paris, le 19 avril 2018. (ERIC PIERMONT / AFP)

Des témoignages qui secouent l'empire Havas. Julien Carette et Christophe Coffre, respectivement PDG et directeur de la création de l'agence de communication Havas Paris, se sont mis "en retrait" de leurs fonctions après des accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles, a confirmé, lundi 2 mai, l'un des dirigeants du groupe à l'AFP.

Havas, filiale de Vivendi, a également lancé un audit après la publication d'une vingtaine de témoignages anonymes par le compte Instagram Balance Ton Agency, qui dénonce depuis près d'une semaine une ambiance sexiste régnant de longue date au sein de l'agence et met en cause ces deux responsables.

Aux manettes depuis une dizaine d'années de l'agence dont ils sont aujourd'hui coprésidents, les deux hommes sont accusés d'avoir cherché à "embrasser" ou "toucher" à de multiples reprises des collaboratrices, parfois stagiaires, dans les locaux d'Havas Paris ou lors d'événements extérieurs.

"Il saute sur tout ce qui bouge"

"JC c'est un type brillant mais il a la sexualité d'un ado. (...) Sous couvert d'être saoul, après deux verres, il saute sur tout ce qui bouge. Pareil pour le DC (directeur de création) d'Havas Event. Je me souviens de prévenir les stagiaires de ne surtout pas les approcher lors des soirées agence", selon l'un de ces témoignages.

Les faits remontent selon les cas à deux-trois ans et jusqu'à dix ans, et ont parfois conduit à des départs associés à des accords de non-divulgation, relate à l'AFP Anne Boistard, créatrice en 2020 du compte Balance Ton Agency pour dénoncer les dérives des agences de communication.

Les deux dirigeants continuent de travailler pour l'agence, a précisé le dirigeant d'Havas à l'AFP. Mais "ils n'animent pas de réunions et sont en retrait pour tout ce qui est management de l'agence", a-t-il poursuivi. "On parle d'une vingtaine de personnes qui se sont exprimées dans une agence qui a vu passer près de 4 000 salariés", a-t-il justifié.

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