Ce que l’on sait sur l'enquête pour "viols en réunion" visant des pompiers de Paris

Six sapeurs-pompiers du 14e arrondissement ont été placés sous le statut de témoin assisté par le juge d'instruction dans le cadre d'une enquête ouverte samedi pour "viols en réunion". 

Un sapeur-pompier dans une caserne en 2018. 
Un sapeur-pompier dans une caserne en 2018.  (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Les six sapeurs-pompiers de Paris mis en cause dans l'affaire de viols en réunion ont été placés sous le statut de témoin assisté par le juge d'instruction, a appris franceinfo de source judiciaire. Placés en garde à vue samedi, ils ont été déférés lundi 6 mai au parquet dans le cadre d'une enquête de flagrance pour "viols en réunion", a appris franceinfo auprès du parquet de Paris. Voici ce que l'on sait de cette affaire révélée dès samedi soir par Le Parisien.

Que s'est-il passé ?

Les faits ont eu lieu dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 mai. Trois jeunes femmes norvégiennes rencontrent des pompiers qui fêtent un départ dans un bar du 6e arrondissement de la capitale. Vers 4 heures du matin, l'une d'entre elles, âgée de 21 ans, quitte le bar en compagnie de l'un des pompiers, âgé de 26 ans, et le suit à la caserne Plaisance, dans le 14e arrondissement. 

Elle affirme avoir d'abord eu "un rapport consenti" avec cet homme, "dans le noir", dans la chambre du pompier. Mais cette relation sexuelle aurait été "suivie d'autres non consenties avec des pompiers, six ou sept, selon elle", d'après France 3. La jeune fille se serait ensuite réfugiée dans les toilettes de la caserne avant d'être découverte par ses amies, "en état de choc".

La victime présumée a porté plainte samedi contre les pompiers pour "viols en réunion". Selon une source proche de l'enquête, elle ne pense pas avoir été droguée. Interpellé, le pompier de 26 ans a d'abord nié les faits avant de reconnaître un rapport consenti, puis d'affirmer que le ou les autres rapports suivants étaient eux aussi consentis, selon les informations de France 3.

Ces pompiers vont-ils être suspendus ?

Sept autres pompiers ont été interpellés, mais deux d'entre eux ont été relâchés. Interrogé par Le Parisien, le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole des pompiers de Paris, a affirmé qu'à l'issue de leur garde à vue, les pompiers devaient être suspendus, "pour faciliter l'enquête de commandement, déjà diligentée". Si les faits sont avérés, "nous ferons preuve de la plus grande fermeté", a-t-il précisé. Les hommes mis en cause dans cette affaire n'étaient pas en service au moment des faits, selon des informations du Parisien.

Quelle est la procédure en cours ?

Dès samedi, le parquet a ouvert une enquête de flagrance pour "viols en réunion". Or dans ce type d'enquête, les enquêteurs disposent d'une durée maximale de huit jours pour mener leurs investigations. Mais huit jours supplémentaires peuvent être accordés si les faits concernent des crimes et délits punis d'une peine égale ou supérieure à cinq ans d'emprisonnement. C'est le cas pour cette affaire dans laquelle les pompiers mis en cause risquent jusqu'à 20 ans de prison.