Arabie saoudite : des militants des droits humains sont torturés et harcelés sexuellement en prison, selon deux ONG

L'Arabie saoudite a rejeté ces accusations, mercredi.

L\'activiste Aziza al-Yousef à Riyad (Arabie saoudite), le 27 septembre 2016. Selon Amnesty International, elle a été torturée lors de son incarcération.
L'activiste Aziza al-Yousef à Riyad (Arabie saoudite), le 27 septembre 2016. Selon Amnesty International, elle a été torturée lors de son incarcération. (FAYEZ NURELDINE / AFP)

Des militants et des militantes saoudiens des droits humains ont été torturés et harcelés sexuellement lors de leur détention, assure Amnesty International dans un rapport, mardi 20 novembre. Détenus "arbitrairement" depuis mai dans la prison de Dhahban, au bord de la mer Rouge, ces militants ont été à plusieurs reprises électrocutés et fouettés, au point de ne plus pouvoir pour certains ni marcher ni tenir debout, affirme l'ONG, qui cite trois témoignages.

Au moins un militant a été suspendu au plafond, tandis qu'une détenue a été sexuellement harcelée par ses interrogateurs, qui étaient masqués, ajoute Amnesty. Trois militantes ont également été "embrassées de force", révèle dans un communiqué séparé l'ONG Human Rights Watch (HRW).

L'Arabie saoudite dément

L'Arabie saoudite a rejeté ces accusations, mercredi. "Le système judiciaire du royaume d'Arabie saoudite n'autorise pas l'usage de la torture", a déclaré un haut responsable saoudien. "Toute personne, homme ou femme, visée par une enquête est soumise au processus judiciaire normal sous l'autorité du ministère public lorsqu'elle est interrogée, et cela n'autorise en aucun cas la torture, qu'elle soit physique, sexuelle ou psychologique", a-t-il ajouté.

Ces accusations interviennent alors que l'image de l'Arabie saoudite est considérablement ternie par l'affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste saoudien tué le 2 octobre dans le consulat de son pays à Istanbul.