Affaire Olivier Duhamel : le directeur de Sciences Po, Frédéric Mion, annonce sa démission

Frédéric Mion avait confirmé dans les colonnes du "Monde" avoir été informé des accusations d'inceste visant le politologue, président de la Fondation nationale des sciences politiques.

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France Télévisions
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Le directeur de Sciences-Po, Frédéric Mion, lors d'un discours devant le nouveau campus de l'école, à Paris, le 11 janvier 2018. (PATRICK KOVARIK / AFP)

"J'ai décidé de présenter ma démission aux membres de nos conseils et à la Ministre de l’enseignement supérieur." Dans une lettre adressée à la communauté éducative et aux étudiants, mardi 9 février, que France Télévisions a pu consulter, le directeur de Sciences Po, Frédéric Mion, annonce sa démission, après la polémique dans l'affaire Olivier Duhamel

Des étudiants de la prestigieuse école demandaient son départ. Frédéric Mion avait reconnu, mercredi 6 janvier dans Le Monde, avoir été informé, dès 2019, des accusations d'inceste visant le politologue, président de la Fondation nationale des sciences politiques, qui chapeaute Sciences Po. Dans le livre La Familia Grande, la juriste Camille Kouchner accusé Olivier Duhamel d'avoir violé son frère jumeau quand il avait 14 ans. Une enquête a été ouverte depuis. 

"Des erreurs de jugement"

"J’ai jugé en conscience que mon devoir était de ne pas quitter mon poste avant que soit menée à bien l’enquête diligentée (...) par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la jeunesse. Le rapport provisoire de cette inspection (...) confirme qu’aucun système de silence concerté ou de complaisance n’a existé au sein de notre établissement", écrit Frédéric Mion.

"Le rapport pointe toutefois de ma part des erreurs de jugement, dans le traitement des allégations dont j’avais eu communication en 2018, ainsi que des incohérences dans la manière dont je me suis exprimé sur le déroulement de cette affaire après qu’elle a éclaté. Je mesure le trouble qui en résulte et j’en assume l’entière responsabilité", poursuit-il, espérant que sa démission "permettra le retour à la sérénité si nécessaire au travail de toutes et de tous".

Fausse "stupeur"

Marianne a rapporté, mardi, que Marc Guillaume, l'ancien secrétaire général du gouvernement et actuel préfet d’Ile-de-France, avait "reconnu auprès des enquêteurs de la mission de l'Education nationale, qu'il avait été informé à deux reprises de 'problèmes sexuels' concernant Duhamel". La première alerte lui avait été donnée en 2018 par Frédéric Mion, lui-même "mis au courant par l'ex-ministre de la Culture Aurélie Filipetti".

Le magazine ajoute que Frédéric Mion a appelé cette dernière (qui est également enseignante à Sciences Po) à deux reprises après la publication du livre de Camille Kouchner. L'objet de ses appels : lui "demander de ne pas davantage partager l'information", d'après l'hebdomadaire.

Les "incohérences" évoquées par Frédéric Mion dans sa communication font référence à ce qu'il a déclaré en janvier. Dans un premier temps, il avait exprimé dans un communiqué sa "stupeur" face à ces accusations. Il "nous a confirmé qu'il n'était pas au courant et qu'il trouvait infamant qu'un membre du conseil puisse dire le contraire", a précisé le président de l'Unef Sciences Po et l'un des deux représentants des étudiants dans cette instance de direction, interrogé par Le Monde. Mais dans les colonnes du quotidien, il avait ensuite avoir été prévenu bien avant. "J'ai été inconséquent et j'ai manqué de discernement. Je suis prêt à l'entendre et à en subir les conséquences", avait-il prévenu.

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