Accusations d'agressions sexuelles : Christophe Ruggia a été "dévasté par cette affaire", déclare son avocat

Me Jean-Pierre Versini affirme que "l'emprise" que Christophe Ruggia avait sur l'actrice Adèle Haenel était "parfaitement involontaire comme dans pratiquement tous les cas de maître à élève".

Le réalisateur Christophe Ruggia, sur le tournage du film \"Dans la tourmente\", aux Laurons (Bouches-du-Rhône), le 28 septembre 2010.
Le réalisateur Christophe Ruggia, sur le tournage du film "Dans la tourmente", aux Laurons (Bouches-du-Rhône), le 28 septembre 2010. (SERGE GUEROULT / MAXPPP)

Maître Jean-Pierre Versini, avocat de Christophe Ruggia, a déclaré mercredi 6 novembre sur franceinfo que son client "avait été dévasté par cette affaire", déplorant le fait qu'il n'ait pas bénéficié "de la présomption d'innocence (…), il est noirci, calciné". Le réalisateur est accusé par l'actrice Adèle Haenel d'attouchements et de harcèlement sexuels. La Société des réalisateurs de films a réagi lundi 4 novembre en annonçant la radiation de Christophe Ruggia. Le parquet de Paris a lui ouvert mercredi une enquête préliminaire.

Dans une réponse à Mediapart, Christophe Ruggia dit qu'il n'y a eu ni harcèlement ni attouchement. Vous confirmez ?

Jean-Pierre Versini : Oui je confirme. Je tiens à souligner qu'il faut éviter un contresens. Ce dont il demande qu'elle l'excuse c'est la conséquence psychologique de l'emprise qu'elle dit avoir subie de lui. C'était parfaitement involontaire comme dans pratiquement tous les cas de maître à élève ou de réalisateur à actrice. Si elle en a souffert ou si elle en souffre aujourd'hui, c'est de ça qu'il lui demande pardon, mais pas du tout d'actes d'agressions qu'il nie complètement.

Est-ce une bonne chose que le parquet ouvre cette enquête préliminaire ?

Ça met à nouveau le train sur son rail. Une jeune femme se plaint d'actes répréhensibles et délictueux. A partir du moment où la police s'en est saisie, il va y avoir une enquête de professionnels. Forcément, c'est mieux que cette espèce de catastrophe qui lui est tombée sur la tête. Les commentaires du milieu qui est le sien ont été sans ambiguïté. Il est noir, il est calciné. Il a été radié sans même avoir été entendu. C'est quelque chose d'effrayant. Le principe de la présomption d'innocence est un principe fondamental de notre droit. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'en a pas bénéficié.

Il dénonce dans sa réponse à Mediapart une sorte de tribunal médiatique. Est-ce votre sentiment ?

Evidemment ça l'est. Mais un tribunal inquisitorial. On ne l'entend pas. Le procès a été fait sans lui. Effectivement, la journaliste a transmis à son avocat un questionnaire 24 heures avant la publication. Un questionnaire de trois pages dans lequel il fallait qu'il réponde à 16 questions. Ce n'est pas possible. Lorsqu'il a parlé de pilori, ce tabouret sur lequel on asseyait les voleurs en leur mettant un grand écriteau autour du cou "je suis un voleur, vous avez le droit de m'envoyer des carottes et des tomates et des coups de pieds", c'est ce qui lui est arrivé, il a été dévasté par cette affaire.