Le Nicaragua institue la prison à perpétuité, notamment contre les auteurs de féminicides

Cette loi, qui concerne les assassinats de femmes mais aussi d'autres crimes, est entrée en vigueur lundi. Jusqu'ici, la peine maximale en vigueur au Nicaragua était de 30 années de réclusion.

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Une femme lors d'une manifestation à Managua (Nicaragua) en 2018 (illustration). (BIENVENIDO VELASCO / EFE / SIPA)

C'est une grande première au Nicaragua. Une loi imposant la prison à perpétuité pour les féminicides et d'autres crimes avec circonstances aggravantes est entrée en vigueur lundi 25 janvier dans le pays.

Jusqu'ici, la peine maximale en vigueur au Nicaragua était de 30 ans de réclusion. Les condamnés à la perpétuité pourront demander à bénéficier d'une libération conditionnelle au terme de 30 années d'incarcération.

La perpétuité pourra être prononcée notamment contre les auteurs d'assassinats de femmes commis après un viol, motivés par le genre ou s'ils ont été commis devant les enfants de la victime. Les assassinats par poison, asphyxie, incendie ou contre une personne vulnérable seront également passibles de la prison à perpétuité.

Plus de 700 féminicides en dix ans dans le pays

Cette peine "sera applicable uniquement pour les crimes les plus graves contre la vie, comme le parricide, l'assassinat avec circonstances aggravantes et le féminicide", a expliqué à l'AFP l'expert en droit pénal et ancien député de l'opposition José Pallais.

Selon un rapport de l'organisation non gouvernementale Catholiques pour le droit à naître, 716 féminicides ont été commis au Nicaragua entre 2010 et 2020, un chiffre inférieur à celui enregistré dans les pays voisins.

La peine de prison à perpétuité pourra aussi être prononcée pour les assassinats motivés par "la haine", "l'intolérance et la discrimination" pour des raisons de genre, idéologiques, économiques, sociales, religieuses, de couleur de peau, de nationalité, de handicap ou de profession.

Selon José Pallais, l'introduction de la prison à perpétuité dans le Code pénal du pays est "un recul énorme" des droits humains au regard des conditions carcérales "inhumaines" au Nicaragua.

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