La Turquie quitte une convention réprimant les violences faites aux femmes

La Convention d'Istanbul oblige les gouvernements à légiférer pour lutter contre la violence domestique, notamment le viol conjugal et la mutilation génitale féminine.

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une visio-conférence avec les responsables de l'Union européenne, le 19 mars 2021. (MUSTAFA KAMACI / ANADOLU AGENCY / AFP)

La Turquie s'est retirée du premier instrument contraignant au monde pour prévenir et combattre les violence faites aux femmes, selon un décret présidentiel publié vendredi 19 mars, qui a aussitôt suscité les critiques du principal parti d'opposition. La Convention d'Istanbul de 2011 oblige les gouvernements à adopter une législation réprimant la violence domestique et les abus similaires, y compris le viol conjugal et la mutilation génitale féminine.

Les conservateurs ont affirmé que la charte nuisait à l'unité familiale, encourageait le divorce et que ses références à l'égalité étaient utilisées par la communauté LGBT pour être mieux acceptée dans la société.

"Une nouvelle dévastatrice"

La Turquie avait débattu d'un éventuel retrait de cette convention après qu'un responsable du parti au pouvoir du président turc, Recep Tayyip Erdogan, eut soulevé la question de l'abandon du traité l'année dernière. Depuis, des femmes sont descendues dans les rues d'Istanbul et d'autres villes du pays, appelant le gouvernement à s'en tenir à la convention.

Le départ de la Turquie est "une nouvelle dévastatrice", estime le Conseil de l'Europe. Le principal parti d'opposition a critiqué cette décision. Gokce Gokcen, vice-présidente du CHP chargée des droits humains, a tweeté que l'abandon de cette convention signifiait "laisser les femmes être tuées".

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