Femmes battues : une épreuve pour se faire entendre

80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite. Comment optimiser l'efficacité des procédures ? France 2 a mené l'enquête. 

France 2

C'est un témoignage rare : celui d'une femme victime de violences conjugales qui parle à visage découvert. Charlotte Millet a aujourd'hui retrouvé un cadre de vie qui la sécurise. Son ex-mari a été condamné. Mais, à plusieurs reprises, elle a eu le plus grand mal à se faire entendre de la gendarmerie et de la justice. Tout commence il y a cinq ans. "Un soir, il a commencé à être physiquement violent. Il avait perdu son travail, il était en pleine dépression et ne voulait pas se faire soigner (...).. Quand j'ai voulu m'enfuir, il a essayé de me jeter par la fenêtre devant les enfants. J'ai réussi à m'enfuir."

Une parole des femmes mise en doute par les institutions

Elle porte plainte et son mari reconnaît des faits de violence. Après quelques jours, Charlotte se réinstalle avec son mari. Mais, huit mois plus tard, elle rappelle les gendarmes : son mari l'a de nouveau frappé. "Ils ont laissé mon mari raconter des erreurs sur moi pendant 20 minutes et les gendarmes ne bronchaient pas. Je suis parti et j'ai lancé un cendrier, mon mari s'est jeté sur moi. Le lendemain, quand j'ai voulu porté plainte, les gendarmes m'ont dit que c'était moi qui avait provoqué mon mari." Sa parole est mise en doute. Une semaine après, son mari tente de l'étrangler. Les gendarmes enregistrent sa plainte mais émettent des réserves. Après les plaintes, Charlotte Millet entame un parcours judiciaire mais a du mal à se faire entendre. Son cas n'est pas isolé. 

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80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite. Comment optimiser l\'efficacité des procédures ? France 2 a mené l\'enquête. 
80% des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite. Comment optimiser l'efficacité des procédures ? France 2 a mené l'enquête.  (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)