La Cour européenne des droits de l'homme valide l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert

Victime d'un accident de la route en 2008, Vincent Lambert est aujourd'hui nourri et hydraté artificiellement, en soins palliatifs, au CHU de Reims.

Vincent Lambert, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013.
Vincent Lambert, au CHU de Reims (Marne), le 25 juillet 2013. (MAXPPP)

Feu vert pour la décision française. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a validé, vendredi 5 juin, par 12 voix contre 5, une décision du Conseil d'Etat en faveur de l'arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert. Cette décision européenne est définitive, mais l'arrêt effectif de l'alimentation et de l'hydratation du trentenaire tétraplégique pourrait encore être retardé par de nouveaux recours.

L'arrêt des juges strasbourgeois a été rendu lors d'une brève audience, à laquelle ont assisté la mère de Vincent Lambert, Viviane, qui s'élevait contre une "euthanasie déguisée", et son épouse Rachel, qui appelait, au contraire, à le "laisser partir" dignement. La Cour avait été saisie, en 2014, par les parents du patient, qui estimaient qu'un arrêt de l'alimentation et de l'hydratation violerait son droit à la vie et qu'il s'agirait d'une torture.

Une décision médicale d'arrêt des soins

Victime d'un accident de la route en 2008, qui a provoqué des lésions cérébrales irréversibles, Vincent Lambert, 38 ans, est hospitalisé dans une unité de soins palliatifs au CHU de Reims.

Une décision médicale d'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation avait été prise en France, l'an dernier, dans le cadre de la procédure collégiale prévue par la loi Leonetti de 2005, correspondant au souhait de Rachel Lambert, soutenue par cinq frères et sœurs de son époux. Tous étaient convaincus que Vincent Lambert n'aurait pas souhaité continuer à vivre dans cet état.

"Vincent a recommencé à déglutir"

Face à l'éventualité d'un feu vert européen à l'arrêt des soins, l'avocat des parents avait indiqué que la décision médicale française avait "été prise par un médecin et ne peut être mise en œuvre que par ce médecin", qui n'est plus en fonction. Les parents pourraient donc solliciter une nouvelle décision médicale, qu'ils pourraient à nouveau contester en justice si elle leur était défavorable.

L'avocat de Rachel Lambert a toutefois assuré voir "mal comment un juge administratif irait contre une décision de la Cour européenne et du Conseil d'Etat". Ce à quoi l'avocat des parents a rétorqué qu'il y a "des éléments nouveaux" changeant la donne, comme le fait que "Vincent a recommencé à déglutir".

Le maintien en vie, une "obstination déraisonnable" ?

L'état de Vincent Lambert fait l'objet de désaccords. "Il n'est pas en fin de vie, il est handicapé", martèle Viviane Lambert, qui déplore que son fils ne bénéficie pas de kinésithérapie et parle de "maltraitance".

L'expertise médicale réalisée à la demande du Conseil d'Etat avait au contraire estimé qu'il était dans un état végétatif irréversible. Son maintien artificiel en vie relèverait d'une "obstination déraisonnable", compte tenu des souhaits qu'il aurait exprimés avant son accident, rapportés par sa femme.