Des camarades infirmiers de Vincent Lambert se mobilisent pour le "laisser partir"

Ils relatent ses propos émis à l'occasion de stages sur la fin de vie, "où il affirme clairement que, si cela devait lui arriver, il préférerait partir".

Des infirmiers, camarades de promo de Vincent Lambert, se mobilisent contre l\'acharnement thérapeutique devant le CHU de Reims où est pris en charge le jeune homme tétraplégique, le 27 juin 2015.
Des infirmiers, camarades de promo de Vincent Lambert, se mobilisent contre l'acharnement thérapeutique devant le CHU de Reims où est pris en charge le jeune homme tétraplégique, le 27 juin 2015. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Ils veulent témoigner de leur refus de tout acharnement thérapeutique. Des anciens camarades de promotion de l'école d'infirmier de Laon, où Vincent Lambert a étudié, se sont rassemblés samedi 27 juin devant le CHU de Reims où le jeune homme tétraplégique depuis 2008 est hospitalisé. 

Ils avaient revêtu un tee-shirt blanc marqué "Laissons partir Vincent..." pour un moment de recueillement dans la cour de l'hôpital Sébastopol du CHU de Reims, où le patient tétraplégique en état végétatif est maintenu artificiellement en vie depuis son accident de voiture en 2008.

Il affirmait qu'"il préférerait partir" 

"Nous avons recueilli 13 témoignages parmi ses amis de l'époque qui relatent ses propos émis à l'occasion de stages sur la fin de vie, les soins palliatifs ou le grand handicap, où il affirme clairement que, si cela devait lui arriver, il préférerait partir", a expliqué le porte-parole du "Collectif Cinquante-cinq" (LV en chiffre romain, initiales de Vincent Lambert) qui a souhaité garder l'anonymat.

Selon lui, le collectif regroupe une cinquantaine d'anciens infirmiers des promotions 1996-99 et 1997-2000 qui ont connu Vincent Lambert durant ses études à Laon.

Recours des parents contre la décision de la CEDH

Les parents de Vincent Lambert ont déposé une demande en révision de la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui avait validé l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielles du tétraplégique. Ils invoquent des "éléments nouveaux et décisifs", notamment l'évolution de l'état de santé de leur fils. Celui-ci aurait, selon eux, "recommencé ces derniers jours à manger et boire par la bouche".

Quatre jours après l'arrêt de la CEDH, des proches de Vincent Lambert avaient diffusé une vidéo du patient sur son lit d'hôpital où le voyait cligner des yeux et déglutir.

"Vincent aurait détesté cette médiatisation"

"Nous nous sommes mobilisés également en réaction à l'horreur de la vidéo diffusée récemment. Nous qui le connaissions, savons qu'il aurait détesté cette médiatisation, et utiliser ainsi son image ce n'est pas être l'ami de Vincent", a poursuivi le porte-parole du collectif.

"Cela fait mal au coeur de voir un ami dans cette situation irréversible. C'est vrai qu'on a envie, quand on lui pose une question, de lire une réponse dans ses yeux, mais il faut se rendre à l'évidence, les expertises ne laissent aucun doute sur son état", a-t-il ajouté, en indiquant avoir visité Vincent Lambert il y a deux mois.