VIDEO. Affaire Vincent Lambert : environ 200 personnes rassemblées devant le CHU de Reims contre l'arrêt programmé des traitements

Les soins maintenant en vie ce patient en état végétatif depuis dix ans doivent s'arrêter à partir de lundi.

La mère de Vincent Lambert, Viviane Lambert, en janvier 2019 à Paris.
La mère de Vincent Lambert, Viviane Lambert, en janvier 2019 à Paris. (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

"Vincent Lambert n'est pas en fin de vie, nourrissez Vincent Lambert." Environ 200 personnes se sont rassemblées, dimanche 19 mai devant le CHU de Reims pour protester contre l'arrêt des traitements de Vincent Lambert, programmé à partir de lundi.

"O Eternel, ne leur pardonne pas car ils savent ce qu'ils font", "Je suis Vincent Lambert", pouvait-on lire sur les pancartes de ce rassemblement à l'appel des parents de Vincent Lambert, Pierre, 90 ans, et Viviane, 73 ans, fervents catholiques, avec l'association Je soutiens Vincent.

Devant les caméras, les parents de Vincent Lambert ont pris la parole. Sa mère, visiblement très marquée, a affirmé que son fils n'était "pas en fin de vie", "pas sous obstination déraisonnable". "Il tourne la tête, j'ai des tas de vidéos mais personne ne veut les voir", a-t-elle assuré, demandant le transfert de son fils qui est "actuellement dans le couloir de la mort"

Une famille déchirée

La décision d'arrêter les traitements de Vincent Lambert, en état végétatif depuis dix ans, est depuis 2013 au cœur d'une bataille judiciaire qui oppose deux parties de sa famille : d'un côté, les parents, un frère et une sœur s'y opposent ; de l'autre, son épouse et tutrice Rachel, son neveu François et six frères et sœurs du patient veulent qu'il soit mis fin à un "acharnement thérapeutique".

La quatrième procédure d'arrêt des soins, demandée en avril 2018 par l'équipe médicale et soutenue par Rachel Lambert – qui affirme que son mari n'aurait pas souhaité faire l'objet d'une poursuite des soins –, a été validée fin avril par le Conseil d'Etat.

Les avocats des parents ont depuis saisi le tribunal administratif de Paris et la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui ont rejeté leur recours. Le Défenseur des droits a, lui, estimé vendredi qu'il "ne lui appartient pas" de trancher.