L'écrivaine française Anne Bert, qui souffrait d'une maladie incurable, a été euthanasiée à sa demande en Belgique

L'écrivaine de 59 ans avait interpellé les candidats à la présidentielle en janvier sur son cas. Elle souhaitait faire évoluer les mentalités et la législation française, avec "Le tout dernier été" (Fayard), un livre qui évoque son "combat" pour un départ choisi.

Anne Bert sur France Inter, le 6 septembre 2017, à Paris.
Anne Bert sur France Inter, le 6 septembre 2017, à Paris. (FRANCE INTER)

Anne Bert, qui souffrait d'une maladie dégénérative incurable, a été euthanasiée à sa demande en Belgique, lundi 2 octobre, "comme elle l'avait souhaité", a annoncé sa fille à l'AFP. L'écrivaine de 59 ans défendait la liberté de "choisir sa fin de vie" en France.

Elle avait déjà interpellé les candidats à la présidentielle sur son cas en janvier. Elle a tenté de faire évoluer les mentalités et la législation française, avec Le tout dernier été (Fayard), un livre qui évoque son combat pour un départ choisi et qui doit être publié le 4 octobre. L'auteure avait prévenu quelques semaines avant sa mort qu'elle ne serait "plus là pour sa parution".

Selon elle, la vie ne vaut pas d'être vécue jusqu'au bout de l'enfer

Romancière et ancienne éditrice, Anne Bert, qui résidait en Charente-Maritime, souffrait d'une sclérose latérale amyotrophique (SLA) aussi appelée "maladie de Charcot", qui conduit à une paralysie des muscles qui l'"emmure progressivement". Aucun traitement curatif n'existe pour l'affection dont elle souffrait, diagnostiquée chez elle en octobre 2015. Son livre, un récit intime blâmant les "conservateurs qui affirment que la vie doit être vécue jusqu'au bout de l'enfer"

La loi française autorise depuis 2016 la "sédation profonde et continue" jusqu'au décès, une administration de substances anti-douleur qui s'apparente à un droit à être endormi sans être réveillé. Mais elle s'applique uniquement aux malades déjà en phase terminale et n'autorise pas l'euthanasie active, c'est-à-dire l'administration d'un produit provoquant directement la mort.

"Je veux mourir en paix, avant d'être torturée"

Cette législation "répond plus aux préoccupations des médecins qu'aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d'insupportables souffrances", regrettait Anne Bert dans sa lettre ouverte aux candidats à la présidentielle.

"Endormir un malade pour le laisser mourir de faim et de soif est-il réellement plus respectueux de la vie que d'y mettre fin par l'administration d'un produit létal ?", poursuivait-elle. "Je veux mourir en paix, avant d'être torturée", écrit-elle dans son livre, "passer la frontière pour fuir l'interdit".

Elle avait choisi de mourir en Belgique où elle était suivie depuis décembre. Dans ce pays, l'euthanasie active est autorisée depuis 2002 pour les patients souffrant d'un mal incurable et qui ont formulé leur demande "de manière volontaire, réfléchie et répétée".