Elisabeth Badinter favorable au boycott des marques qui se lancent dans la mode islamique

La philosophe réagit après la polémique suscitée par la ministre des Familles, de l'enfance et des droits des femmes.

La philosophe Elisabeth Badinter lors de l\'inauguration d\'une école à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle), le 1er juin 2015.
La philosophe Elisabeth Badinter lors de l'inauguration d'une école à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle), le 1er juin 2015. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

"Je pense que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes." Alors que certaines marques comme Dolce & Gabbana se lancent dans la mode islamique, la philosophe et féministe Elisabeth Badinter fait part de son opposition à une telle démarche, dans un entretien au quotidien Le Monde (abonnés), samedi 2 avril.

"Une montée de la pression islamique"

Elle apporte également son soutien à Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, qui a jugé ces marques "irresponsables", car elles feraient "la promotion de l'enfermement du corps des femmes". La membre du gouvernement avait fait polémique en comparant, sur RMC, les femmes qui choisissaient le voile "aux nègres qui étaient pour l'esclavage". Sur ce point, Elisabeth Badinter reconnaît que "la ministre a eu un mot malheureux en parlant de 'nègres' mais qu'elle a parfaitement raison sur le fond".

"En l’espace de dix ans, de nombreuses filles des quartiers se sont mises à porter le voile en France", poursuit la philosophe. "Révélation divine  ? Non, montée de la pression islamique." Comme Elisabeth Badinter, la Coordination française pour le lobby européen des femmes et la présidente du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Danielle Bousquet, ont également apporté leur soutien à Laurence Rossignol.