Urmila, ex-enfant esclave qui se bat pour l’éducation

Ce dimanche, à l'occasion de la journée internationale des filles, Urmila, ambassadrice de l’ONG Plan International parle de son histoire. Ancienne enfant esclave au Népal, elle milite aujourd’hui pour l’éducation des filles.

(Urmila était esclave domestique au Népal de 6 à 18 ans © Elise Delève / France Info)

D'esclave à ambassadrice. Ce dimanche, à l'occasion de la journée internationale des filles, France Info vous raconte l'histoire d'Urmila. Cette jeune népalaise est restée esclave domestique pendant des années. Aujourd'hui elle est ambassadrice de l'ONG Plan International qui milite pour l'éducation des filles dans le monde.

 

"Les enfants que je gardais m’ont appris l’alphabet"

 

Dès la naissance, l'avenir d'Urmila était scellé. Elle est née dans une ethnie népalaise où les filles deviennent presque toute Kamalari, esclave domestique. A six ans, Urmila est achetée par une famille très riche de Katmandou à 12h de route de chez elle. Pendant douze ans, elle travaille 18 heures par jour. "Dans ces maisons, je m'occupais des enfants, je les amenais à l'école. J'allais chercher de l'eau et je faisais à manger ".

 

De l'école, Urmila ne voit que la porte d'entrée, où elle dépose les enfants. Eux, n'ont pas la distance des adultes et ne voit qu'une fillette de leur âge. Sans le savoir, alors qu’ils pensaient simplement jouer, ils lui donnent le goût d'apprendre. "Les enfants que je gardais m'ont appris à lire et un peu à écrire. Ils m'ont appris l'alphabet ". Les rudiments de l’alphabet, "a, b, c ", répète Urmila.

Au Népal, Urmila est devenue esclave à six ans. Elle s'en est sortie à 18 ans. Elle raconte pourquoi elle se bat pour l'éducation des filles
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Système Kamalari

Pendant des années au Népal, le système Kamalari est presque institutionnalisé. Une fois par an, lors de la fête de l'ethnie d'Urmila, très pauvre, les familles riches népalaises viennent choisir les fillettes en leur promettant une meilleure vie. "Ils disent : on prend cette fille et on va l'envoyer à l'école. Et les familles répondent : ok ! Si elle va à l'école, prenez-l à". Car c'est à cause de l'ignorance que les familles acceptent. Avec une voix douce et un regard sérieux, Urmila explique que ses parents l'ont prêté pour 25 euros par an en pensant qu'elle irait à l'école.

 

"On doit se battre avec nos stylos"

 

Il y a dix ans, des manifestations ont eu lieu à Katmandou pour demander l'interdiction du système Kamalari. Un électrochoc pour Urmila. "J'ai vu mon frère à la télé. Pendant qu'il manifestait pour nos droits j'étais enfermé. J'étais en train de masser la maîtresse de maison. Je lui ai demandé si je pouvais appeler mon frère. J'ai réussi à le contacter et il est venu me chercher ". Cela a pris plusieurs semaines, mais Urmila a réussi à sortir cinq minutes de la maison et son frère l'a sauvé.

 

La jeune népalaise a aujourd'hui 26 ans et va à l'école en classe de terminale. Elle milite pour l'éducation des filles. "L’éducation est la clé pour ouvrir notre esprit. Avec l'éducation, on change tout. On doit se battre avec nos stylos. Avec nos textes, avec nos opinions, avec notre esprit. C'est pour ça qu'il faut éduquer les filles ".

 

Au Népal, même si le système Kamalari est interdit depuis deux ans, 13.000 filles sont encore esclaves domestiques. Urmila veut faire entendre sa voix pour elles, et pour toutes les filles népalaises qui ne peuvent pas aller à l'école. Plus tard, elle veut être avocate.