Une étudiante porte plainte pour "injures antisémites" à la faculté de médecine de Paris-13

La ministre de l'Enseignement supérieur appelle "à se mobiliser afin de bannir l’antisémitisme de nos universités et de nos établissements."

Le campus de l\'université Paris-13 à Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Le campus de l'université Paris-13 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). (GOOGLE STREET VIEW)

Une étudiante de deuxième année de médecine a porté plainte pour "injures antisémites" proférées par d'autres étudiants de son université Paris-13, indique à l'AFP son avocat, lundi 29 octobre. La plainte a été déposée dans un commissariat du Val-d'Oise, le 20 octobre, précise son avocat, Antonin Péchard. La jeune fille de 20 ans raconte avoir fait l'objet de harcèlement à caractère antisémite de la part d'un groupe d'élèves de l'université, notamment dans le cadre de la préparation du week-end d'intégration de la fac de médecine, selon des informations révélées par Europe 1

"On est passé des blagues sur la Shoah à des saluts hitlériens, puis on invente un jeu qui s'appelle le 'freespa', le lancer de kippa qu'on jette par terre", raconte-t-elle à la radio. Et la jeune femme évoque les thèmes envisagés pour le week-end d’intégration organisé par le bureau des élèves. Dans des conversations sur Facebook, certains proposent des thèmes antisémites comprenant notamment les termes "Auschwitz 2019", "rafle", "beau juif et boboche", "les nazis contre les juifs". D'autres conversations portent sur une classification des étudiants de confession juive de la promotion, avec un chiffre et un commentaire.

"Mettre fin à ces dérives inacceptables"

Ces faits "sont profondément inacceptables", a réagi la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, dans un communiqué publié lundi matin. "Au surlendemain de l'attaque antisémite de Pittsburgh aux Etats-Unis, je veux rappeler que les mots aussi peuvent tuer et que les injures et les gestes déplacés ont toujours été les prémices de violences plus grandes encore", a déclaré Frédérique Vidal. Elle "salue le fait que l'université Paris-13 ait pris les décisions qui s'imposaient dès que les faits ont été connus", ajoutant que "l'antisémitisme doit être partout combattu avec la plus grande fermeté sans jamais ne laisser aucune place à la banalisation."

La ministre indique qu'elle recevra "dès aujourd'hui le président de l'université Paris-13 afin de faire le point avec lui sur les dispositifs de prévention mis en place dans son établissement et sur les actions qui peuvent être immédiatement engagées pour mettre fin à ces dérives inacceptables." Elle se rendra vendredi à la Convention nationale de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), à Grenoble (Rhône-Alpes). Et Frédérique Vidal appelle la communauté universitaire "à se mobiliser afin de bannir l’antisémitisme de nos universités et de nos établissements".