Un sondage de l'Ifop sur la "tenue correcte" des lycéennes accusé sur Twitter de sexualiser les jeunes filles

Intitulée "Qu'est-ce qu'une 'tenue correcte' pour une fille au lycée ?", cette étude a été réalisée par l'Ifop après des manifestations de lycéennes contre les règlements de certains établissements scolaires exigeant une "tenue décente". 

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France Télévisions
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Extrait d'un sondage de l'Ifop commandé par "Marianne" et intitulé "Qu'est-ce qu'une 'tenue correcte' pour une fille au lycée ?", publié le 25 septembre 2020.  (IFOP)

Les vêtements des lycéennes n'en finissent pas de faire parler. Une nouvelle polémique porte sur un sondage réalisé par l'Ifop et publié dans Marianne, vendredi 25 septembre, dans la foulée des mouvements de protestation dans des collèges et lycées de France contre des règlements intérieurs exigeant une "tenue décente" sans en préciser la définition.

L'étude intitulée "Qu'est-ce qu'une 'tenue correcte' pour une fille au lycée ?" a été réalisée sur un échantillon de 2 027 Français. Les sondés ont notamment été interrogés sur la pratique du no bra ("sans soutien-gorge" en anglais) ou le port des crop tops, ces hauts qui s'arrêtent au-dessus du nombril. 

Parmi les résultats notables, on apprend par exemple que 62% des personnes interrogées sont d'accord pour interdire les décolletés plongeants aux lycéennes et que 66% souhaitent également bannir le no bra des établissements. Autre chiffre mis en avant par l'institut Ifop : quelque 55% des sondés se prononcent pour une interdiction des tee-shirts laissant apparaître le nombril. Mais ce ne sont pas tant les résultats du sondage que le choix même de le réaliser qui a fait bondir de nombreux internautes sur Twitter.

"Laissez les filles tranquilles"

"Bientôt : pour ou contre le droit de vote des femmes ?", "Et si on laissait tranquille le corps des jeunes femmes dans toute leur diversité et leurs choix ?","Marianne parle des tétons de jeunes filles mineures", peut-on notamment lire parmi les réactions indignées.

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi réagi, faisant le parallèle entre l'opposition de l'hebdomadaire à la "dictature vestimentaire des islamistes" et ce sondage qu'il qualifie de "propagande pour la dictature des puritains"

Contacté par franceinfo, le journaliste Hadrien Mathoux, qui a rédigé l'article accompagnant l'étude, estime que ces reproches sont "infondés". "On a simplement cherché à connaître l'avis des Français sur ce sujet de société. On n'est pas là pour dire : 'il faut penser ça ou ça', se défend-il. J'ai vraiment l'impression que les gens qui s'énervent n'ont pas lu l'article : la présentation des chiffres n'est pas du tout complaisante avec le puritanisme, au contraire."

"Les tenues des femmes sont au cœur de l'actualité"

François Kraus, directeur du pôle actualité de l'Ifop, explique de son côté : "On interroge les personnes majeures car c'est leur avis qui va être pris en compte par le gouvernement. Ce ne sont pas les jeunes qui décideront comment ils et elles pourront être habillés, ce seront les gouvernants, en fonction de ce que pensent les Français." Il ajoute : "On interroge les Français uniquement sur les tenues des femmes parce qu'elles sont au cœur de l'actualité. Pas une seule fois, à ma connaissance, je n'ai vu le moindre article sur le fait qu'il fallait mesurer l'opinion des Français sur les tenues masculines." 

Les dessins qui accompagnent les résultats sont également jugés trop sexualisés par beaucoup d'internautes, à l'instar de cette journaliste de L'Obs.  

François Kraus précise que ces dessins avaient déjà été utilisés pour d'autres enquêtes, "sur le no bra notamment", et qu'ils "n'ont jamais fait réagir personne"

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