Nathalie Loiseau : "J'avais l'impression d'être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l'ENA"

Sur France Culture lundi, Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux élections européennes, est revenue sur le "conservatisme" de la haute administration auquel elle a été confrontée lorsqu'elle a dirigé l'ENA.

Nathalie Loiseau, invitée sur France Culture, lundi 29 avril.
Nathalie Loiseau, invitée sur France Culture, lundi 29 avril. (FRANCE CULTURE)

"Je n'ai pas été accueillie avec des fleurs en n'étant pas ancienne élève de l'ENA, femme et moins de 50 ans", a déclaré lundi 29 avril sur France Culture Nathalie Loiseau, tête de liste La République en marche (LREM) aux élections européennes. "J'avais l'impression d'être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l'ENA", a-t-elle confié. La formule et le choix de ce nom à connotation souvent péjorative, qui désigne une personne appartenant à un peuple tsigane, a suscité des réactions outrées d'auditeurs sur les réseaux sociaux. Outre sa participation à une liste étudiante d'extrême droite alors qu'elle préparait le concours de l'ENA à Science-Po, Nathalie Loiseau a été accusée de banaliser l'homophobie dans une bande-dessinée sur l'Europe qu'elle a cosigné.

"Cela ne m'a pas empêché d'avancer"

"Je sais ce à quoi je me suis heurtée, c'est-à-dire énormément de conservatisme de la haute administration", a expliqué Nathalie Loiseau, qui a dirigé l'ENA entre 2012 et 2017, alors qu'elle n'en a jamais été élève. "Cela ne m'a pas empêché d'avancer, a-t-elle poursuivi. J'ai dirigé une classe prépa égalité des chances et j'ai fait entrer une poignée d'élèves tous les ans dans les écoles de service public. J'ai pu réformer le concours d'entrée, j'ai pu réformer la scolarité, j'ai pu réformer le contact des élèves de l'ENA avec la vraie vie."

Mais Nathalie Loiseau regrette de n'avoir pas été portée par une "volonté politique forte au niveau du gouvernement" quand elle était directrice de l'ENA. "On a multiplié les missions qu'on m'a confiées et on a baissé le budget tous les ans."

Il était temps qu'un chef d'Etat puisse dire ce qu'il pense de l'administration et dire comment la réformer.Nathalie Loiseauà France Culture

Jeudi 25 avril, lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron a confirmé son intention de supprimer l'Ecole nationale d'administration et Natahlie Loiseau s'était déjà dite "soulagée qu'on donne un coup de pied dans la fourmilière", sur Radio J.

"Notre système scolaire et universitaire n'est plus un ascenseur social c'est un entonnoir, a-t-elle poursuivi sur France Culture. Est-ce qu'il doit y avoir dès 25 ans l'aristocratie d'un côté, le tiers état de l'autre, je ne le crois pas." "Ce n'est pas une histoire qui ne concerne que l'ENA, a estimé Nathalie Loiseau. Si vous prenez Polytechnique, l'Ecole normale supérieure, toutes ces écoles de l'excellence et de la méritocratie française, l'excellence n'est pas un gros mot, la méritocratie non plus, mais il ne faut pas se dire qu'on est au point d'arrivée quand parfois on est au point de départ."