Sept interpellations pour "rébellion" à l'université de Nanterre, évacuée par des CRS

La présidence de l'université a demandé l'intervention des CRS pour déloger des étudiants qui organisaient une assemblée générale dans un bâtiment.

Des CRS à l\'université de Paris-Nanterre (Hauts-de-Seine), le 9 avril 2018.
Des CRS à l'université de Paris-Nanterre (Hauts-de-Seine), le 9 avril 2018. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Les CRS sont intervenus, lundi 9 avril, dans l'après-midi, à l'université de Paris-Nanterre (Hauts-de-Seine), dans le bâtiment des sciences sociales, où une assemblée générale improvisée réunissait entre 200 et 300 étudiants, opposés à la réforme de l'enseignement supérieur. Sept personnes ont été interpellées pour "rébellion", a appris franceinfo auprès de la préfecture de police de Paris. 

"Nous avons tenté une négociation et proposé un local associatif pour les étudiants occupant le bâtiment", assure la présidence de l'université, tout en précisant que cela a été refusé. Les forces de l'ordre sont intervenues à la mi-journée pour déloger "une vingtaine de personnes" occupant les lieux. Le groupe s'était "introduit par effraction dans un des bâtiments", explique l'université sur Twitter. 

Les occupants se sont alors retranchés sur un toit avant que les CRS ne se replient, laissant le temps aux étudiants d'organiser l'assemblée générale, finalement interrompue par les forces de l'ordre, autour de 15 heures.

L'université fermée pour le reste de la journée

Anne-Frédérique Perol, bibliothécaire à l'université, s'est dite "complètement sidérée" par cette intervention des forces de l'ordre. "C'est honteux de faire intervenir les flics dans la fac", s'est aussi indigné Victor, élu Unef à Nanterre, lors de l'AG improvisée. Jean-François Balaudé, le président de Nanterre, "ne nous parle pas. Il commémore Mai-68 mais quand on demande le dialogue, il envoie les CRS", a lancé Zoé Vaillant, professeure de géographie. 

L'université de Nanterre a été fermée pour le reste de la journée. La Coordination nationale étudiante, opposée à la réforme de la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, appelle à une nouvelle mobilisation sur les campus de France mardi.