Saint-Lô : une lettre anti-mariage pour tous avec le bulletin trimestriel

Les élèves d'un établissement catholique de Saint-Lô ont reçu, dans la même enveloppe que leur bulletin de notes, un communiqué national d'une association de parents d'élèves qui condamne le mariage pour tous. Indignés, les élèves ont créé un compte Facebook pour dénoncer le procédé.

(Autre)

Créé il y a quelques jours, le
groupe Facebook baptisé ContreLeMariageTriste compte déjà près de 500
membres. Ses fondateurs y dénoncent la lettre qu'ils ont reçue dans la même
enveloppe que leur bulletin de notes du premier trimestre. Un courrier de l'Association
des parents d'élèves de l'enseignement libre
(Apel) qui dénonce "fermement"
le projet de loi.

"Jusqu'à preuve du contraire, on n'a pas trouvé mieux pour élever un
enfant qu'un couple formé d'un père et d'une mère qui s'aiment, et qui
s'engagent dans la vie commune pour le bien de l'enfant",
écrit
l'association qui revendique près de 850.000 familles adhérentes. Et l'Apel de pointer
le risque d'une "rupture de civilisation."

Face à la polémique, le directeur
de l'établissement, l'institut Saint-Lô-Agneaux (1.700 élèves de la maternelle
à la terminale) se défend. Il affirme regretter ce "buzz", mais
il trouve "normal et bien" que le débat existe entre les
élèves. Laurent Lechapelays va recevoir des parents d'élèves. Il affirme que,
pour l'instant, "seuls deux (d'entre eux) se sont exprimés
contre cet envoi."
Il a aussi prévu de recevoir dans la journée trois
représentants des élèves pour s'expliquer.

En attendant, des élèves ont donc créé un groupe Facebook pour exprimer leur
refus de la méthode, et aussi éviter tout dérapage verbal.

Cette affaire saint-loise intervient alors que le ministre
de l'Education, Vincent Peillon, a demandé aux recteurs de veiller tout
particulièrement aux établissements privés sous contrat
, afin que *"les
débats ne se traduisent pas par des phénomènes de rejets et de stigmatisation
homophobes."

  • Quelques semaines plus tôt, le secrétaire général de l'Enseignement catholique,
    Eric de Labarre, avait invité les chefs d'établissements à prendre "les
    initiatives adaptées"
    sur ce sujet.