Rythmes scolaires : ce que pourrait changer Manuel Valls à la réforme

Confronté à la fronde de certains enseignants, élus et parents, le Premier ministre a promis d'"assouplir" la réforme. Francetv info récapitule les enjeux.

Le Premier ministre, Manuel Valls, dans l\'hémicycle de l\'Assemblée nationale à Paris, le 8 avril 2014, à l\'occasion de son discours de politique générale face aux députés.
Le Premier ministre, Manuel Valls, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à Paris, le 8 avril 2014, à l'occasion de son discours de politique générale face aux députés. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Manuel Valls est prêt à lâcher du lest. Face à l'Assemblée nationale, mardi 8 avril, le Premier ministre a promis d'"assouplir" la réforme contestée des rythmes scolaires.

Une bonne nouvelle pour certains opposants : "Je suis impatient", a réagi Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, en pointe dans la contestation. Pas suffisant pour l'UMP qui, par la voix du chef de file de ses députés, Christian Jacob, réclame toujours l'abandon pur et simple de la réforme.

Que peut faire Manuel Valls ? Francetv info récapitule les enjeux et les pistes de changement. 

Ce qui est prévu pour l'instant

Le principe de la réforme lancée par Vincent Peillon est simple : le nombre total d'heures de cours ne varie pas, mais il est réparti sur quatre jours et demi au lieu de quatre jours. En contrepartie, la journée de classe est diminuée en moyenne de 45 minutes, pour laisser la place à trois heures hebdomadaires d'activités sportives ou culturelles.

17% des communes ont d'ores et déjà adopté la réforme. Parmi les autres, 93% s'y sont engagées pour la rentrée 2014 : c'est à cette date qu'elle doit être généralisée.

Ce que les opposants réclament

Depuis l'annonce de cette réforme entrée en vigueur à la rentrée 2013, le gouvernement fait face à la fronde de certains enseignants, parents et élus, notamment UMP. Ces opposants dénoncent notamment une fatigue accrue des enfants, une "confusion" entre le temps scolaire et le temps périscolaire, et des problèmes d'organisation.

Mais la principale critique est d'ordre financier, certaines municipalités se plaignant du manque de moyens pour appliquer la réforme. C'était d'ailleurs l'argument premier du président de l'UMP, Jean-François Copé, pour demander son report. L'Association des maires de France réclame une pérennisation du financement par l'Etat, qui s'est engagé sur des aides au moins jusqu'en 2015.

Ce que souhaite Manuel Valls

"Ni retrait, ni report." Pour le nouveau Premier ministre, la réforme est "bonne". Il n'y aura "ni retrait, ni report", assure Manuel Valls mercredi sur BFMTV. "Ces rythmes étaient demandés." Difficile d'imaginer un nouveau changement de calendrier : en novembre 2012 déjà, François Hollande avait annoncé le report de la réforme, qui devait initialement s'appliquer partout à la rentrée 2013. 

Plus d'argent pour les communes en difficulté ? Au ministère de l'Education nationale, on évoque "un vrai accompagnement" des communes rencontrant des difficultés. L'Etat pourrait notamment "lâcher de l'argent" pour calmer les opposants, explique Le Monde. Mais l'équation est compliquée, précise le journal, car les collectivités locales doivent être impactées par le plan d'économies de 50 milliards d'euros promis par François Hollande.

Des dérogations ciblées ? Autre possibilité, des dérogations pour certains "projets pédagogiques innovants", explique le ministère, rapporte le Nouvel Observateur. "Par exemple, dans l’académie de Grenoble, les enfants peuvent skier tout la journée du mercredi, ce qui nécessite des adaptations juridiques au niveau du rectorat." Selon Europe 1, les communes avec de tels dispositifs ne devraient pas être contraintes de modifier leur planning pour coller à la réforme.