De 20 à 25% des écoliers passeront à la semaine de 4,5 jours dès septembre 2013

Entre 1,2 et 1,5 million d'écoliers du public seront concernés, précise le ministère, à deux jours de la date butoir fixée aux 24 000 communes dotées d'au moins une école, pour décider si elles adoptent la réforme des rythmes scolaires dès 2013 ou si elles préfèrent attendre septembre 2014.

Des élèves de primaire dans une école de Bordeaux (Gironde), le 4 septembre 2012. 
Des élèves de primaire dans une école de Bordeaux (Gironde), le 4 septembre 2012.  (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Entre 20% et 25% des élèves des écoles primaires publiques renoueront avec la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013, selon une estimation du ministère de l'Education nationale relevée sur 80% des communes, publiée vendredi 29 mars. La semaine des 4,5 jours avait été abandonnée en 2008.

Les communes défavorisées seront "très présentes" parmi les villes pionnières, selon le ministère, qui dénombre 23% d'écoliers scolarisés dans une commune très défavorisée, qui bénéficie à ce titre d'aides de l'Etat. 

Le choix revient aux communes

Entre 1,2 et 1,5 million d'écoliers du public seront concernés, précise le ministère. Cette annonce intervient à deux jours de la date butoir fixée aux 24 000 communes dotées d'au moins une école. Elles ont jusqu'à dimanche pour décider d'adopter la réforme des rythmes scolaires à la rentrée 2013 ou en septembre 2014. Les établissements privés sous contrat peuvent aussi adopter la nouvelle semaine scolaire.

La France compte 6,6 millions d'écoliers en primaire, dont environ 5,7 millions dans le public. L'Association des maires de France avait indiqué, mercredi, que la réforme contestée des rythmes scolaires sera mise en œuvre en 2013 dans moins de 50% des communes.

Les élèves concernés auront une demi-journée supplémentaire de classe le mercredi ou le samedi matin. Les journées de classe seront réduites à cinq heures et demie (voire moins), mais les élèves ne sortiront pas plus tôt pour autant. Le temps libéré sera confié aux communes, qui devront proposer des activités culturelles, sportives ou artistiques. Le ministre de l'Education nationale va va installer en avril un "comité de suivi" de la réforme.

Les villes inquiètes pour leur budget

Ramassage scolaire, cantine ou nouvelles activités péri-éducatives... Cette réforme entraîne des dépenses supplémentaires pour les communes. Face à leurs inquiétudes financières, François Hollande avait débloqué en novembre un fonds d'incitation de 250 millions d'euros pour une mise en œuvre de la réforme dès septembre 2013. Les communes rurales et les villes les plus en difficulté pourront aussi en bénéficier en 2014.  

Mais de nombreuses villes estiment que l'aide de l'Etat est insuffisante pour accompagner le dispositif. A Paris, par exemple, qui passe à la semaine de 4,5 jours dès septembre, le maire Bertrand Delanoë a estimé que la réforme coûterait de "40 à 50 millions d'euros en année pleine", dont 16 millions proviendront de la Caisse d'allocations familiales et 6,5 millions de l'Etat. De quoi inquiéter les petites communes, comme Montagnieu (Isère). Pour trouver 8 000 euros par an, le maire devrait augmenter de 13% la taxe d’habitation.

Aucune grande ville de droite n'a annoncé l'application de la réforme dès septembre (Marseille, Nice, Bordeaux, Le Havre, Toulon l'appliqueront en 2014). Mais de grandes villes socialistes, comme Lille, ont également choisi d'attendre, un coup dur pour le gouvernement.