Rentrée scolaire : "il y a des éléments rassurants" mais "beaucoup de flou", estime le SNES-FSU

Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat enseignant, se demande notamment comment les professeurs pourront surveiller l'utilisation par les élèves des autotests. "On n'a pas les compétences médicales", fait-elle remarquer.

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Radio France
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Le gouvernement a confirmé la réouverture des écoles pour le lundi 26 avril 2021. Illustration d'une salle de classe d'une école de Vesoul (Haute-Saône), en mai 2020. (Jean-François Fernandez / RADIO FRANCE)

Le gouvernement a détaillé jeudi 22 avril les conditions de réouverture des écoles, collèges et lycées lundi 3 mai. Ce protocole prévoit notamment le déploiement d'autotests dans les lycées et la mise en place de demi-jauges pour les collégiens de 4e et de 3e des 15 départements les plus touchés par l'épidémie de Covid-19."Il y a des éléments rassurants" mais "beaucoup de flou", estime sur franceinfo Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU.

franceinfo : Est-ce que le protocole sanitaire vous a rassuré ?

Sophie Vénétitay : Sur certains points il y a des éléments rassurants, je pense notamment à la règle de fermeture d'une classe dès qu'il y a un cas positif. On sait que ça va permettre d'être très réactif et donc de casser rapidement les chaînes de contamination. Mais il y a d'autres points sur lesquels il y a encore beaucoup de flou. Je pense notamment à la question des tests et la façon dont ils vont être faits. Aujourd'hui il y a encore beaucoup de questions sans réponse qui nous laissent assez dubitatifs sur leur efficacité, alors même que c'est un point clef. Il y a aussi beaucoup de questions pour les collèges. Si certains passent en demi-jauge, d'autres vont rester à effectif complet avec très peu de tests, une cantine pleine à craquer. Il y a encore des incertitudes.

Concernant les tests, vous souhaiteriez qu'ils soient faits comment ?

Ce qu'on souhaiterait c'est que, s'ils sont faits dans les établissements scolaires, que ce soit supervisé par des personnes qui sont les plus à même de savoir comment on fait un autotest, de surveiller un élève dans de bonnes conditions quand il fait l'autotest.

"Imaginez faire des autotests dans une salle avec des dizaines d'élèves qui enlèvent leurs masques, qu'on ne peut pas vraiment surveiller parce qu'on n'a pas les compétences médicales pour surveiller un autotest."

Sophie Vénétitay, SNES-FSU

à franceinfo

Dans un établissement, dans une salle dédiée, avec des personnels médicaux qui savent comment il faut faire, ça peut être une piste à creuser. Sinon on aurait très bien pu imaginer que les élèves fassent les autotests le matin avant de venir au lycée. Ça fait partie des éléments sur lesquels il va falloir des réponses très rapidement. De la même manière qu'il va falloir savoir très rapidement ce qu'on fait quand on a un autotest positif. Comment un élève se déclare ? Comment on remonte la chaîne de contamination ? Ce sont des questions qui restent sans réponse alors qu'on sait, quand on regarde les expériences des pays étrangers, qu'il y a des possibilités d'y répondre. Je pense notamment au Royaume-Uni qui a dédié toute une application pour rentrer un test positif et remonter la chaîne de contact.

Vous parliez des demi-jauges, qui concernent des collégiens de quinze départements. Ça pose problème selon vous ?

La question de l'inégalité de traitement dès lors qu'on n'est pas face à une mesure nationale va forcément se poser. À plus court terme se pose la question de la sécurité sanitaire dans les collèges qui ne sont pas concernés puisqu'on a encore beaucoup de collèges qui vont rester à 100% des élèves avec tous les problèmes qu'on connait de brassage des élèves et donc de circulation plus active du virus. C'est un peu l'angle mort ces collèges qui ne passent pas en demi-groupe, qui ne vont pas vraiment pouvoir profiter de tous les tests. Là il y a un des points faibles du protocole qui a été annoncé ce soir.

Vous aussi vous allez devoir vous tester. Les tests sont-ils arrivés dans les établissements ?

Non, pas encore. Ils vont être livrés dans les prochains jours dans les établissements scolaires puis ensuite distribués aux personnels, notamment aux professeurs. On peut espérer les avoir dans la semaine du 3 mai, où on rentrera dans nos collèges et nos lycées. Ensuite, comme tout le monde, on se testera régulièrement. C'est un des éléments indispensables pour sortir de la crise.

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