VIDEO. Réforme du collège : le président du Conseil supérieur des programmes fait son mea culpa

Reconnaissant des erreurs, il a rappelé que les textes présentés en mars n'étaient que la première version des nouveaux programmes du collège, destinée à être amendée après des discussions avec les enseignants.

EUROPE 1

Jargon incompréhensible, disparition du grec et du latin, place trop importante accordée à l'islam dans les programmes d'histoire : les critiques adressées au projet de réforme du collège, présenté en mars par Najat Vallaud-Belkacem, sont nombreuses. Invité d'Europe 1, jeudi 7 mai, le président du Conseil supérieur des programmes, qui a élaboré le nouveau programme du collège, a reconnu qu'il y avait "un effort à faire".

"Nous n'avons pas été saisis" de la question du latin

"Nous admettons qu'il y a des passages jargonnants. (...) S'il y a des choses à corriger, nous les corrigerons", a concédé Michel Lussault, promettant des programmes "plus simples, plus clairs, plus lisibles". Mais il a rappelé que les programmes présentés par la ministre de l'Education sont des textes provisoires, "martyrs", destinés dès le départ à être amendés. Une concertation avec les enseignants et "tous ceux qui veulent bien discuter des programmes" aura lieu avant la présentation d'une version définitive en septembre, pour une application à la rentrée 2016.

Michel Lussault a aussi estimé que la notion de choix entre plusieurs thèmes au sein des programmes d'histoire, qui semblait rendre facultatif l'enseignement de la période des Lumières notamment, avait été "mal expliquée". En revanche, "l'enseignement de l'histoire de l'islam et son expansion", dont l'importance dans les programmes a été critiquée par certains détracteurs de la réforme, "est obligatoire depuis plus de cinquante ans en France", a rappelé ce professeur de géographie.

Michel Lussault a aussi expliqué qu'aucune décision n'avait été prise par le Conseil supérieur des programmes concernant le grec et le latin : ces matières sont aujourd'hui des options, "en dehors de la scolarité obligatoire". "Donc nous n'avons pas été saisis par la ministre de cette question, mais nous avons demandé à l'être et nous le serons", a-t-il assuré.

Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes, sur Europe 1, le 7 mai 2015.
Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes, sur Europe 1, le 7 mai 2015. (EUROPE 1)