Préparation de 20 minutes, exposé debout et sans ses notes, échange avec le jury... Voilà à quoi va ressembler le grand oral du nouveau bac

Les modalités de cette nouvelle épreuve du bac ont été publiées au Bulletin officiel.

Une élève lors d\'une épreuve du bac (illustration).
Une élève lors d'une épreuve du bac (illustration). (MARTIN BUREAU / AFP)

C'est l'une des grandes nouveautés de la réforme du lycée : après de longs mois d'attente, les lycéens savent enfin à quoi va ressembler le grand oral du bac. Les modalités de cet examen inédit sont parues jeudi 13 février au Bulletin officiel.

Le candidat aura 20 minutes de préparation, puis 20 minutes devant un jury de deux professeurs. La présentation est divisée en trois parties : pendant les cinq premières minutes, l'élève devra présenter une problématique tirée du programme, un exposé debout et sans note. Un échange avec le jury suivra ensuite pendant dix minutes, cette fois assis. Enfin, les cinq dernières minutes seront consacrées au projet d'orientation du lycéen.

Une épreuve discriminante, selon les syndicats

Sur les cinq critères d'évaluation, seul un porte vraiment sur les connaissances en elles-mêmes. Tous les autres portent sur la qualité oratoire et l'argumentation, c'est le cœur de l'exercice. C'est d'ailleurs ce qui inquiète les professeurs du syndicat Snes-FSU : ils dénoncent une préparation des élèves pour l'instant largement insuffisante, face à une épreuve potentiellement discriminante socialement.

L'avocat Bertrand Périer, enseignant en rhétorique à l’université Paris 8, confirme que "la capacité de prendre la parole, ça peut être un marqueur social. Mais, ajoute-t-il, c'est à l'école de faire en sorte que l'on puisse dépasser les déterminismes". Il se félicite donc de cette "petite révolution : pour la première fois on dit à l'élève : 'Y a-t-il quelque chose dans le programme qui vous a intéressé, qui vous a donné envie d'approfondir ?'. Sous la houlette d'un professeur bien sûr, mais c'est une épreuve qui est un peu libre. Et pour la première fois aussi, ce n'est pas une épreuve de récitation de connaissance mais aussi un peu d'argumentation. On leur demande, comme à des adultes, de soutenir une position." 

"Compenser les inégalités entre élèves"

Le ministère de l'Éducation nationale explique de son côté qu'en instituant ce grand oral à la toute fin de la scolarité, l'objectif est de préparer les jeunes très en amont, dès le collège. Sur la dernière ligne droite, en classe de terminale, les élèves auront deux mois plus intensifs pour réellement travailler cette épreuve, entre avril et juin. Jean-Michel Blanquer a assuré au quotidien 20 minutes que ce grand oral "ne sera pas discriminant et qu'il permettra de compenser les inégalités entre élèves". Comptant pour 10% de la note du bac, cette épreuve se tiendra pour la première fois en juin 2021.