Rétention des notes du bac : "C'est le bordel, il faut siffler la fin de la récré !" demandent les parents d'élèves de la FCPE

La FCPE demande à Emmanuel Macron d'intervenir pour mettre fin au bras de fer entre les enseignants et le ministre de l'Éducation nationale.

(PIERRE HECKLER / MAXPPP)

La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), invitée jeudi 4 juillet sur franceinfo, s'inquiète à l'approche de l'annonce des résultats du bac, prévue vendredi. Jean-Michel Blanquer se montre inflexible face aux professeurs hostiles à sa réforme du lycée et demande de prendre en compte le contrôle continu lorsqu'une note est bloquée par un gréviste. Une "mesure exceptionnelle" qui a poussé certains jurys à ne pas délibérer.

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"Aujourd’hui il faut siffler la fin de la récré, et que le chef de l’Etat intervienne, martèle Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE. C’est le bordel (...) les familles sont à bout et on en appelle officiellement au président de la République à inviter tout le monde autour de la table", pour "trouver une solution aujourd'hui", poursuit-il.

franceinfo : Comprenez-vous l’attitude de ces jurys qui font de la rétention des notes de bac ?

Rodrigo Arenas : Ce qui est sûr, c’est que c’est le bordel, que les familles sont à bout et qu'on en appelle officiellement au président de la République. On lui demande d'inviter tout le monde autour de la table. Cela fait des mois que nous dénonçons le manque de dialogue social dans ce pays, et nous sommes dans une gestion de l’Éducation nationale où personne ne se parle !

On a un ministre qui fait sa tête de mule d’un côté, des syndicats qui sont dans une logique jusqu’au-boutiste parce qu’ils estiment qu’ils ne sont pas écoutés. Et in fine, il y a les enfants et les parents qui regardent tout ça. Vous imaginez l’image qu’on renvoie à nos enfants ?Rodrigo Arenas (FCPE)

Aujourd’hui, pour pouvoir parler, il faut montrer les muscles et rentrer dans des rapports de force, sinon on n’arrive pas à dialoguer. C’est ça qu’on renvoie comme image ! Sans compter les problèmes de logistique. Les parents se demandent : comment on fait pour prendre les chambres au Crous ? Pour louer des apparts pour nos enfants ? Quand on est à Paris, on va à la fac de la région, mais quand vous êtes en région, vous allez à la fac de la grande ville. Logistiquement, c’est la merde pour ces parents-là ! Aujourd’hui, il faut siffler la fin de la récré, et que le chef de l’État intervienne.

Le contrôle continu à la place des notes manquantes, ce n’est pas une bonne idée selon vous ?

Quand vous êtes dans un lycée dans lequel les notations sont dures pendant l’année et que les élèves en général ont de bons résultats au bac, ou dans d’autres lycées où les notations sont plus souples et qu’on a des résultats moins bons au bac, on est en train de créer une gestion inégalitaire des élèves. Aujourd’hui, on est dans le n’importe quoi. Ça fait des mois que nous alertons : il y aura de la résistance administrative. Aujourd’hui ça y est, on y est. Aujourd’hui, il y a des gamins qui sont sur Parcoursup, qui doivent s’organiser pour l’entrée universitaire ou le post-bac, et qui ne peuvent pas se projeter. Donc, nous pensons que c’est la responsabilité du chef de l’État de faire en sorte que le gouvernement fasse son boulot. Il faut trouver une solution aujourd’hui.

Le député LR Guillaume Larrivé propose des sanctions disciplinaires, est-ce la bonne option ?

Si on explique à des adultes qu’on va leur taper sur les doigts avec des règlements, ça montre l’image de l’éducation qu’on a dans notre pays. Il faut trouver une solution de dialogue social. Il faut sortir de cette culture 'gilets jaunes'. Ce gouvernement n’arrive à bouger que lorsqu'il y a un rapport de forces. Le bac n’est pas un bras de fer. C’est la consécration d’années d’études pour les enfants, et d’années d’efforts pour les parents. Il faut trouver une solution !