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Proposition Hollande pour l’Education nationale : l’UMP ouvre une querelle de chiffres avec le PS

La proposition de François Hollande de créer 60 000 postes dans l’Education nationale sur cinq ans en cas de victoire de la gauche à l'élection présidentielle a suscité l’ire des ministres UMP durant tout le week-end.
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François Hollande (PS) lors de la convention d'investiture du PS en octobre 2011 (JOEL SAGET / AFP)

La proposition de François Hollande de créer 60 000 postes dans l'Education nationale sur cinq ans en cas de victoire de la gauche à l'élection présidentielle a suscité l'ire des ministres UMP durant tout le week-end.

Créer 60 000 postes dans l'Education nationale sur cinq ans : telle est la proposition phare du projet présidentiel du candidat socialiste, François Hollande. Elle a fait l'objet d'une violente passe d'armes entre l'UMP et du PS durant le week-end.

Après l'attaque de Luc Chatel et la riposte de Jack Lang, Valérie Pécresse est montée au créneau, avant que Laurent Wauquiez ne se mêle à la polémique. Le ministre de la Recherche a jugé dimanche que François Hollande était "comme une poule avec un couteau face au programme socialiste", lors du "Grand entretien" RCJ.

"On voit très bien que derrière [la proposition de M. Hollande] ils n'assument pas et qu'ils sont parfaitement conscients que quel que soit le chiffrage -est-ce que c'est 2, est-ce que c'est 7 milliards, est-ce que c'est 100 milliards sur quarante ans-, c'est une proposition qui dans le contexte actuel n'est pas crédible", a indiqué M. Wauquiez.

Selon le ministre, si M. Hollande est élu en 2012, "la France en sortira ruinée, les Français payeront une addition qui sera très lourde et notre chemin sera celui de la Grèce".

M. Wauquiez a ainsi tenté de clore le débat sur le chiffrage après deux jours de critiques concernant la proposition du candidat socialiste.

"Le sparadrap du capitaine Haddock"

Vendredi soir, M. Hollande avait opposé les 2,5 milliards d'euros que coûterait la création de ces 60 000 postes aux "75 milliards d'euros de cadeaux fiscaux" octroyés, selon lui, par Nicolas Sarkozy.

"Si on veut qu'il y ait de la croissance, si on veut qu'il y ait demain de l'emploi, il faut que nos enfants soient les mieux formés possible", avait dit le candidat socialiste sur France 2.

"Ma proposition c'est 2 milliards et demi", a-t-il insisté.

En réponse, le ministre de l'Education M. Chatel avait assuré le soir même que le candidat socialiste à la présidentielle "navigue entre mensonge et incompétence" au regard de sa proposition.

Selon M. Chatel, la création de 60 000 postes, c'est la création de 12 000 postes par an sur cinq ans, "soit 500 millions d'euros la première année, 1 milliard la deuxième année, 1,5 milliard la troisième année, 2 milliards la quatrième année et 2,5 milliards la dernière année".

Le cumul "serait alors de 7,5 milliards d'euros et non de 2,5 milliards", avait ajouté le ministre de l'Education nationale, en estimant que François Hollande "est fâché avec les chiffres".

"Cette proposition de créer 60 000 postes est en train de devenir pour M. Hollande le sparadrap du capitaine Haddock", avait-il ironisé.

"Fâché avec le calcul"

Le lendemain, c'est Jack Lang (PS) qui avait dénoncé l'évaluation de cette mesure par l'UMP. L'ancien ministre de l'Education avait pointé samedi dans un communiqué "l'incompétence et la malhonnêteté intellectuelle" de M. Chatel.

Qualifiant de "chiffre extravaguant" son évaluation, l'ancien ministre socialiste de l'Education nationale avait estimé que "ce calcul est dénué de tout fondement".

M. Lang avait recommandé à M. Chatel "de suivre un cours de première année de finance publique, on lui apprendrait que son évaluation est contraire à toutes les règles les plus élémentaires du droit budgétaire".

En réponse, M. Chatel avait à nouveau fustigé "l'imposture du PS", avant de se voir soutenu par la ministre du Budget, Valérie Pécresse.

"Il est de notoriété publique que Jack Lang n'a jamais très bien su compter lorsqu'il était ministre de l'Education nationale. Mais là, il nous montre qu'il est définitivement fâché avec le calcul", avait-il indiqué.

De son côté, Mme Pécresse avait confirmé dans un communiqué le chiffrage de 7,5 milliards d'euros de son collègue du gouvernement.

Selon la ministre, M. Chatel a "fort justement calculé le vrai coût pour les finances publiques » de cette mesure proposée par M. Hollande : "7,5 milliards en cumulé, à raison de 12 000 recrutements supplémentaires par an".

Dans un contexte de déficit budgétaire, il est probable que la polémique sur ce chiffrage n'est pas épuisée.

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