Évaluations en CP et CE1 : "En l'état, les chiffres communiqués par le ministre ne peuvent être signifiants" déplore le SE-Unsa

Jean-Michel Blanquer livre lundi les premiers résultats des évaluations menées auprès de 1,6 million d'écoliers de CP et CE1. Mais pour Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-Unsa, il faut s'interroger sur la "validité scientifique de ces tests".

Illustration : une classe de primaire de Clermont-Ferrand, à la rentrée 2017. 
Illustration : une classe de primaire de Clermont-Ferrand, à la rentrée 2017.  (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

"En l'état, les chiffres communiqués par le ministre ne peuvent être signifiants", a estimé lundi 15 octobre sur franceinfo, Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-Unsa. Dans un entretien à 20 Minutes, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer livre les premiers résultats des évaluations controversées menées depuis le 17 septembre auprès de 1,6 million d'écoliers de CP et CE1.

Quand on dit qu'un élève sur deux en CE1 aurait des difficultés avec le calcul mental, on peut s'interroger légitimement sur le thermomètre utilisé par le ministre.Stéphane Crochet, SE-Unsaà franceinfo

Selon le ministre, dans un entretien à 20 Minutes, près d'un élève de CE1 sur deux a des "difficultés" en calcul mental et "23% des élèves en début de CP ont des difficultés à reconnaître les lettres et le son qu'ils produisent".

"On ne s'attendait pas à avoir une communication des résultats par le ministre à peine 48h après la fin de la saisie des résultats des réponses de nos élèves", a réagi Stéphane Crochet.

La "validité scientifique" des évaluations remise en question

"Cela fait quatre semaines que nos collègues, avec leurs élèves dans les CP et les CE1, font passer ces tests, a expliqué le secrétaire général du SE-Unsa. Ils ont passé leurs soirées, voire leurs nuits, à tenter de saisir les réponses de leurs élèves (…) et là, ils découvrent ces quelques chiffres lancés. On ne sait pas ce que ça veut dire, on ne sait pas à quels exercices le ministre fait référence." 

Stéphane Crochet s'interroge également sur "la validité scientifique de ces tests" : "Quand un élève sur deux ne réussit pas un exercice, on peut s'interroger sur la qualité de l'exercice lui-même", a-t-il souligné.