Directeurs d'école : l'Assemblée nationale pose "une première pierre" pour améliorer leur quotidien

L'Assemblée a adopté, dans la nuit de mercredi à jeudi, une proposition de loi LREM "créant la fonction de directeur d'école". 

Des enfants attendent de rentrer dans leur classe dans une école de Strasbourg, le 22 juin 2020. 
Des enfants attendent de rentrer dans leur classe dans une école de Strasbourg, le 22 juin 2020.  (FREDERICK FLORIN / AFP)

L'Assemblée nationale a adopté, dans la nuit de mercredi à jeudi 25 juin, une proposition de loi LREM destinée à faciliter la tâche des directeurs d'école, mis à rude épreuve par la crise du coronavirus. Mais les oppositions ont déploré un texte "totalement vidé de sa substance".

Le texte "créant la fonction de directeur d'école", a été adopté en première lecture par 55 voix contre 6 et 11 abstentions. Il a reçu l'appui des LREM, MoDem, Agir et EDS, les autres groupes s'abstenant à l'instar des LR, UDI ou du PS, ou votant contre comme LFI.

La proposition a été examinée trois jours après la reprise des cours obligatoire, où ces enseignants aux nombreuses responsabilités et au quotidien déjà compliqué ont été en première ligne, soumis à "beaucoup de stress"Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a d'ailleurs salué dans l'Hémicycle leur "engagement remarquable" ayant permis à "80% des élèves" de rejoindre les écoles.

Le directeur n'est "pas un enseignant comme les autres"

La proposition a toutefois été modifiée sur plusieurs points en séance pour "redonner la main" au ministère et aux syndicats pour négocier, a expliqué la rapporteure de la loi, Cécile Rilhac (LREM). Le ministre de l'Education nationale a aussi plaidé pour éviter des "rigidités".

Le texte prévoit notamment que les directeurs disposent d'un "emploi de direction" et bénéficient "d'une délégation de compétences de l'autorité académique pour le bon fonctionnement de l'école".

Il s'agit de reconnaître qu'un directeur n'est "pas un enseignant comme les autres", selon Cécile Rilhac. Mais pas de créer de statut dédié, dont ne veut pas la profession, attachée au collectif de l'école, a-t-elle assuré, ni d'instaurer "un lien hiérarchique" avec ses collègues enseignants.

Doutes de l'opposition sur "l'efficacité" du texte 

Alors que la version initiale prévoyait un seuil au-delà de huit classes où la "décharge" des heures d'enseignement devait être totale, ce seuil a été retiré dans l'Hémicycle au motif qu'il risquait d'être "inconstitutionnel", le sujet étant renvoyé à un décret. "La loi est un moteur pour des améliorations qui ne sont pas toutes explicitées", a plaidé le ministre. 

Jean-Michel Blanquer s'est aussi engagé à un "allègement" des charges administratives. Via un amendement, il a prévu qu'Etat et collectivités puissent fournir une "assistance administrative et matérielle", un "signal", selon le ministre, mais dénoncé comme "flou" dans l'opposition. Les socialistes ont prévu, contre l'avis du gouvernement, que le directeur "dispose des outils numériques nécessaires à sa fonction".

Si l'idée d'apporter un meilleur soutien aux directeurs a fait consensus chez les députés, les oppositions ont mis en doute "l'efficacité" du texte. "Il ne reste rien" a déploré Elsa Faucillon (PCF) tandis que Michel Larive (LFI) a raillé "un hara kiri de la majorité sur son propre texte" qui porte la volonté, selon lui, de créer "des managers d'école".