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Classes fermées, fin des contrats aidés... Du Calvados à La Réunion, les couacs de la rentrée scolaire

Des chanceux ? Plusieurs dizaines d'enfants scolarisés dans toute la France devront attendre un jour de plus pour retourner à l'école.

Article rédigé par franceinfo - Valentine Pasquesoone
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Des élèves dans une école primaire d'Aytré (Charente-Maritime), le 4 septembre 2017.  (XAVIER LEOTY / AFP)

C'est le jour J. Plus de 12,4 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école à travers le pays, lundi 4 septembre. A l'exception de quelques-uns... Car cette rentrée scolaire, la première du quinquennat d'Emmanuel Macron, doit apporter son lot de changements. Retour à la semaine de quatre jours, recul des contrats aidés, effectifs réduits dans les classes de CP des réseaux d'éducation prioritaires... Ces réformes ont entraîné, lundi, la contestation de nombreux enseignants et directeurs d'école. De l'Ardèche au Nord, en passant par la Rhône et la Manche, plusieurs dizaines d'enfants ont donc dû attendre pour vivre leur premier jour d'école. Franceinfo revient sur les couacs de cette rentrée scolaire 2017.

La rentrée reportée faute de contrats aidés

Où est-ce que la rentrée a été perturbée ? Il n'y a pas eu d'école lundi à Sartilly-Baie-Bocage (Manche), rapporte Ouest-France. Le maire de la ville, Gaëtan Lambert, a décidé de garder l'école fermée et a lancé un appel à la manifestation, précise Europe 1. En Ardèche, trois villages ont également reporté la rentrée scolaire, à l'instar de plusieurs villes d'Outre-mer. A La Réunion, une grande partie des communes ont décalé le retour à l'école de cinq jours, poursuit Ouest-France

Pourquoi ? L'ensemble de ces communes protestent contre la suppression massive de contrats aidés annoncée par le gouvernement. A Sartilly-Baie-Bocage, Gaëtan Lambert assure que la suppression de quatre contrats aidés, actée à la fin du mois d'août, empêche "d'assurer la sécurité des enfants". En Ardèche, dans la ville de Saint-Jeure-d'Ay, parents d'élèves et élus ont formé une chaîne humaine autour de l'école pour dénoncer ces suppressions. 

Une grève contre la réforme des classes de CP 

Où est-ce que la rentrée a été perturbée ? Dans la ville de Vaulx-en-Velin (Rhône), deux tiers des classes en primaire sont restées fermées lundi matin, révèle Le Progrès. Sur les 32 écoles de la commune, 15 sont en grève et 13 sont entièrement fermées. La rentrée devrait s'y faire mardi.

Pourquoi ? Le SNUipp, syndicat des enseignants du primaire, a lancé un appel à la grève dans le département lundi. Objectif : dénoncer l'organisation de la réforme des classes de CP en REP+ et le manque de moyens pour l'appliquer. A Vaulx-en-Velin, toutes les écoles sont en zone d'éducation prioritaire REP+. Elles sont donc toutes concernées par le dédoublement des classes de CP. Mais cette réforme "retire des moyens à tous les autres niveaux pour se concentrer sur le CP", regrettent les enseignants, cités par Le Progrès. Le journal évoque aussi un autre problème : des classes ouvertes pour cette réforme dans certaines écoles... où le mobilier est encore absent.

Une opération "cartables dans la cour"

Où est-ce que la rentrée a été perturbée ? La rentrée a été "particulière" à l'école élémentaire Louis-Le-Châtelier de Caen (Calvados), rapporte France 3 Normandie. Le chef d'établissement a appelé les quelque 240 élèves de l'école à ne pas entrer en classe et à déposer leurs cartables au sol, dans la cour, en guise de protestation. A l'école Eustache-Restout, également à Caen, ce sont les parents d'élèves qui ont empêché l'accès aux salles de cours. Les cartables sont restés à terre pendant une bonne partie de la matinée. 

Pourquoi ? Des fermetures de classe sont prévues dans ces deux écoles de Caen. A Eustache-Restout, cette fermeture doit entraîner la formation d'une classe de CP-CE1 à 28 élèves, précise France 3. L'école est pourtant en réseau d'éducation prioritaire : elle devrait donc, en principe, voir ses effectifs en CP largement réduits. La situation est similaire à l'école Le-Châtelier. Si la fermeture d'une classe se confirme bien, "on sera obligé de faire des classes à double niveau", regrette le directeur de l'établissement, interrogé par France 3. Les 41 élèves de CP seront donc répartis en deux classes et non trois, contre les 12 élèves par classes promis par le gouvernement.

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