"Théorie du genre" : la Manif pour tous veut surveiller les enseignants

En Loire-Atlantique, le collectif a envoyé un courrier à plus d'un millier de chefs d'établissement scolaires du public comme du privé, révèle France Info.

Des élèves dans une salle de classe, le 2 septembre 2014, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Des élèves dans une salle de classe, le 2 septembre 2014, à Marseille (Bouches-du-Rhône). (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Fidèle à son slogan, la Manif pour tous ne lâche rien. En Loire-Atlantique, le collectif a écrit une lettre aux chefs d'établissements scolaires du département, du public comme du privé, révèle France Info, relayant une information de France Bleu Loire Océan, lundi 8 septembre. Dans ce courrier, envoyé pendant l'été, l'organisation les avertit qu'elle sera vigilante "sur le choix des enseignants en matière de manuels scolaires ou encore d'éducation sexuelle". Elle poursuit ainsi son combat contre un supposé enseignement d'une prétendue "théorie du genre".

La porte-parole locale de la Manif pour tous, France de Lantivy, récuse toute menace et justifie son geste : "Ce courrier avait pour vocation d'éveiller les directeurs d'établissements à ces avancées masquées de la 'théorie du genre' qui vient, selon nous, infuser la confusion dans les esprits des enfants." France de Lantivy vise ainsi le choix des livres lus en classe, des spectacles joués ou présentés dans les écoles ou encore des films diffusés aux enfants.

"Une surveillance en dehors de tout cadre légal"

Thierry Chouquet, principal du collège Salvador-Allende de Rezé, près de Nantes, et membre du syndicat départemental des chefs d'établissements de l'Unsa-Education 44 dénonce "une surveillance en dehors de tout cadre légal". "Il n'y a pas de menace directe", reconnaît-il au micro de France Bleu. Mais, ajoute-t-il, "on a l'impression qu'il se passera quelque chose si jamais ces organisations estimaient qu'on ne fait pas notre travail".