VIDEO. Parcoursup : "Il y a quand même des quotas" pour répartir les étudiants franciliens, admet un président d'université

François Germinet, président de l’Université de Cergy-Pontoise, admet sur franceinfo que si plusieurs ajustements ont été réalisés sur la plate-forme Parcoursup, il subsiste toujours des quotas de répartition. Les premières réponses aux vœux d'orientation des lycéens seront dévoilées dans la soirée. 

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Les premières réponses aux vœux d'orientation des lycéens seront dévoilées ce mercredi soir, à 19 heures, sur Parcoursup pour cette deuxième saison. Quelque 900 000 candidats sont inscrits, principalement des lycéens de terminale et des étudiants en réorientation. Quelques ajustements ont été réalisés cette année : un calendrier raccourci et une tentative de réduire les inégalités via des dossiers anonymes : pas de nom, pas d'adresse mais toujours le lycée d'origine en revanche. "Il avait été question d'anonymiser les lycées. Je pense qu'il faudra attendre la réforme du bac pour y arriver", explique, sur franceinfo mercredi 15 mai François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise et vice-président de la commission formation et insertion professionnelle de la CPU (Conférence des présidents d'université).

franceinfo : Il n'y aura pas de fiasco cette année comme l'an dernier, où 400 000 élèves n'avaient pas d'affectation au premier jour ?

François Germinet : Je ne suis pas d'accord avec vous. L'an dernier, l'ensemble des candidatures ont pu être examinées dans les temps. C'était le 22 mai à l'époque. Là, c'est une semaine plus tôt. Ce qui avait posé problème l'année dernière, c'était la convergence du processus et le fait que les jeunes n'avaient pas forcément les réponses tout de suite. Ils étaient beaucoup en attente. Ca va aller beaucoup plus vite cette année puisque le calendrier a été raccourci. J'ai pu constater dans mon université que l'examen des dossiers s'est fait très sereinement. On n'a pas eu de difficultés particulières. On a eu 45 000 demandes, et l'ensemble des réponses a pu être apporté sur Parcoursup dans les temps.

La procédure principale va jusqu'au 19 juillet et non plus le 5 septembre comme l'an dernier. Les élèves ont moins de temps pour valider leur choix ?

Oui, ça va aller un peu plus vite. En même temps, il y a aussi un petit peu plus de places. Les universités sont un peu plus habituées que l'année dernière à appeler plus d'élèves qu'ils n'ont de places actuellement, ce qu'on appelle le surbooking. Mais comme il y a beaucoup de désaffections au début puisque les jeunes en gros font une dizaine de vœux, ceux qui valident leurs vœux libèrent des places très rapidement. Ce qui fait que si on a ouvert 300 places, on peut en appeler 350 sans prendre de risques.

Parcoursup reproduit-il les inégalités ?

Sur l'ensemble des universités en France, on arrive à accueillir tout le monde, soit dans la filière exacte que demandait l'étudiant, soit avec des dispositifs d'accompagnement. C'est sûr que celui qui a des bonnes notes, et qui a des parents profs qui savent l'orienter, a un petit peu plus de chances. Il n'y a pas le nom ni l'adresse. Cette année, il y a encore le lycée. Il avait été question d'anonymiser les lycées. Je pense qu'il faudra attendre la réforme du bac pour arriver à ce genre de choses. Parce que pour pouvoir anonymiser les lycées, il faut pouvoir prendre en compte les notes du bac et pas justement les notes des conseils de classe.

Autre grand changement pour l'Ile-de-France, les trois académies, Paris, Créteil, Versailles, ne forment plus qu'un secteur. Est-ce que vous ne craignez pas que les meilleurs élèves aillent dans les facs parisiennes ?

Si, c'est un risque. Avec mon collègue de Nanterre, on a pointé ce risque-là auprès des trois rectorats. Du coup, il y a quand même des quotas, des règles de répartition entre nous. Je discutais aussi avec des familles de première couronne ou bien de Cergy qui me disait "Moi, mes enfants sont restés vingt ans à cet endroit-là, ils ont besoin aussi, de s'oxygéner, de bouger sur Paris".

François Germinet, président de l’Université de Cergy Pontoise, vice-président de la commission formation et insertion professionnelle de la CPU, invité sur franceinfo le 15 mai 2019.
François Germinet, président de l’Université de Cergy Pontoise, vice-président de la commission formation et insertion professionnelle de la CPU, invité sur franceinfo le 15 mai 2019. (FRANCEINFO)