Réforme des lycées : remplacer les filières par des spécialités va "engranger une fracture territoriale", estime le syndicat national des lycées et collèges

Selon Maxime Reppert, le secrétaire national à la vie scolaire du SNALC, les lycées ne proposeront pas "la même qualité d'enseignement, d'un établissement à un autre". 

Le ministre de l\'Éducation Jean-Michel Blanquer en visite au lycée Raymond Cortat d\'Aurillac, le 29 mars 2018.
Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer en visite au lycée Raymond Cortat d'Aurillac, le 29 mars 2018. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Alors que les académies devraient annoncer dès la fin de la semaine l'ensemble des offres de spécialités qui remplaceront les filières, Maxime Reppert, secrétaire national à la vie scolaire du SNALC (Syndicat national des lycées et collèges), a estimé mardi 18 décembre sur franceinfo que cette réforme des lycées va "mettre en danger l'avenir des élèves" et "engranger une fracture territoriale".

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Pour Maxime Reppert, la question de la mobilité et des territoires est un "peu trop oubliée" dans cette réforme. "Dans certaines régions, il y a parfois près de 50 kilomètres entre deux lycées. On peut se demander si un élève va choisir des spécialités par rapport à ce qu'il a envie de faire ou par rapport à d'autres contraintes", a-t-il expliqué, justifiant qu'"à cause de ça, cette réforme des lycées est absolument dramatique".

Une qualité d'enseignement variable

La réforme va "engranger une fracture territoriale" parce que les lycées ne proposeront pas "la même qualité d'enseignement, d'un établissement à un autre". "Des villes importantes avec plusieurs lycées proposeront un choix de spécialités plus large que les lycées des milieux ruraux ou semi-ruraux, qui auront un choix plus pauvre", a-t-il estimé.

Le secrétaire national à la vie scolaire du SNALC s'est dit ainsi "très inquiet" par le flou qui entoure la mise en place de cette réforme. "Voici une réforme où on va sacrifier à nouveau la qualité de l'enseignement, la qualité du service public et mettre en danger l'avenir des élèves". "Le problème de cette réforme, c'est qu'elle supprime les filières et met à la place, des spécialités. Il ne faut pas confondre spécialités et options", a ajouté Maxime Reppert.