Parcoursup : la Fage s'interroge sur "l'implication des rectorats", pour la plupart fermés cet été

"La plateforme ne remplit pas ses objectifs d'aller plus vite que ce qui se passait l'an dernier avec APB", constate la vice-présidente du syndicat étudiant.

15 000 bacheliers n\'ont toujours aucune proposition de formation pour cette année sur la plate-forme Parcoursup.
15 000 bacheliers n'ont toujours aucune proposition de formation pour cette année sur la plate-forme Parcoursup. (1 / MAXPPP)

Plus de 15 000 bacheliers n'ont toujours aucune proposition de formation pour cette année. La rentrée universitaire approche, mais Parcoursup, le système d'attribution des places dans l'enseignement supérieur, ralentit. En cause notamment : les bacheliers qui ont obtenu une ou plusieurs propositions de formations et qui bloquent le système. À ce jour, près de 100 000 élèves hésitent et ne se résignent pas à accepter les propositions qui leur ont été faites, attendant désespérément une meilleure formation.

Invitée de franceinfo mercredi 22 août, Orlane François, vice-présidente de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) chargée des affaires académiques, reconnaît que la "non-hiérarchisation apporte un point positif, avec un plus grand choix aux étudiants, mais entraîne des conséquences assez négatives". La Fage tient à souligner le "côté immergé de l'iceberg" de Parcoursup : "l'accompagnement et l'orientation" effectués "sur les campus les lycées". Orlane François pointe les difficultés de fonctionnement des commissions menées par les rectorats et souligne qu'ils étaient "fermés pour la plupart" cet été. Pour elle, cela pose la question de leur "implication".

franceinfo : Vous comprenez que cela soit compliqué de préparer cette rentrée sans savoir où l'on va atterrir ?

Orlane François : On peut comprendre les lycéens et le stress que cela peut apporter de ne pas avoir d'affectation aujourd'hui. On voit bien que la plateforme ne remplit pas ses objectifs d'aller plus vite que ce qui se passait l'an dernier avec APB. Pour cette année, le combat va être que chaque étudiant ait une place dans une formation qui lui corresponde. C'est ce qu'on a commencé à obtenir avec l'augmentation des places. Il y a plusieurs problèmes qui se posent. Le système de non-hiérarchisation apporte un point positif avec un plus grand choix aux étudiants, mais entraîne des conséquences assez négatives dans l'attente et le bouchon que cela peut causer. Il y a des améliorations à saisir pour l'année prochaine. Pour la rentrée, le plus important c'est que chaque étudiant ait sa place, et pour cela il faut que les 36 000 places qui sont censées être ouvertes le soient de manière effective à la rentrée. Il faut que les universités puissent jouer le jeu à ce moment-là.

Choisir est difficile et certains n'arrivent pas choisir. Est-ce qu'il ne faut pas réintroduire un peu de hiérarchisation dans ces vœux ?

Ce qu'on met en avant souvent c'est la plateforme Parcoursup. C'est le côté émergé de l'iceberg. Par contre le côté immergé, c'est tout ce qui a été fait sur l'accompagnement et l'orientation, qui forcément prendra plus de temps à se faire ressentir sur les campus et dans les lycées, mais qui est là avec deux professeurs principaux, des parcours d'accompagnement, des sessions d'orientation au cours du lycée. Après se pose la question du côté technique de la hiérarchisation. Cela apporte un choix qui est assez intéressant et qui va leur permettre d'être libre dans leur choix. On soutient la non-hiérarchisation des vœux. Par contre il faut pousser sur l'accompagnement pour que les vœux soient faits de manière cohérente, qui empêche cette situation de blocage. Cela demande tout le travail qui a été mené sur les questions d'orientation et d'accompagnement.

Donc pas de consigne de libérer des places ?

On ne dira pas cela. Ce n'est pas forcément le vœu qu'ils souhaitent. Par contre, aux étudiants qui ont le vœu qu'ils souhaitent avoir, qui est leur premier vœu, on leur demande d'aller enlever les vœux qui sont encore en attente. Là où il faut nuancer les chiffres, c'est sur les 60 000 étudiants encore sans proposition. Parmi eux, il y a des étudiants qui sont partis de la plate-forme sans le notifier, qui ont une formation ailleurs. Dans ceux que l'on dit "inactifs", il y a ceux qui n'auraient pas saisi l'opportunité d'aller voir la commission du rectorat. Parmi les gens qui nous contactent sur notre plateforme SOS-Parcoursup, les étudiants n'ont pas accès à la commission menée par les rectorats, ne trouve pas le champ sur le site alors qu'ils n'ont pas eu de réponse positive. Il y a un vrai travail à faire sur l'accès à cette commission et sur le fonctionnement de cette commission. On voit que les rectorats ont eu du mal à fonctionner cet été. Ils étaient même fermés pour la plupart. Cela pose la question de l'implication des rectorats sur cette commission et des moyens qui sont adossés pour la faire tourner tout l'été.