Un syndicat lycéen porte plainte après les 151 arrestations de Mantes-la-Jolie

Après l'interpellation de 151 jeunes dont des lycéens, les avocats de l'UNL-SD ont déposé plainte, notamment pour "violences sur mineurs de 15 ans et plus par personne dépositaire de l'autorité publique".

Des policiers et des lycéens lors l\'arrestation de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie (Yvelines) le 6 décembre 2018.
Des policiers et des lycéens lors l'arrestation de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie (Yvelines) le 6 décembre 2018. (CELINE AGNIEL / AFP)

Le syndicat lycéen Union nationale lycéenne-Syndicale et démocratique (UNL-SD) a porté plainte, samedi 8 décembre, après l'arrestation de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie (Yvelines), jeudi, dans des conditions controversées. La grande majorité d'entre eux a entre 16 et 18 ans. Leur interpellation a été filmée par un auteur pour l'heure inconnu et les images diffusées de nombreuses fois sur internet.

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Sur ces images, des dizaines de lycéens, en rang, à genoux dans la terre et les mains sur la tête, sont tenus en respect par des policiers. D'autres, face tournée contre un mur, ont les mains attachées dans le dos. "Voilà une classe qui se tient sage", s'exclame une voix derrière la caméra. Toutes les gardes à vue ont été levées vendredi en milieu d'après-midi et, parmi les interpellés, au moins deux tiers ont été relâchés après un simple rappel à la loi.

Le dépaysement de la procédure demandé

La plainte, déposée par les avocats du syndicat lycéen auprès du procureur de la République de Versailles, porte notamment pour "violences sur mineurs de 15 ans et plus par personne dépositaire de l'autorité publique". Elle vise également des faits d'"actes de torture et de barbarie sur mineurs par personne dépositaire de l'autorité publique et en réunion", "violations de libertés individuelles" et "diffusion illégale d'images de personnes identifiables mises en cause dans une procédure pénale".

Les avocats du syndicat lycéen demandent, en outre, le dépaysement de la procédure. Car, selon eux, elle vise des fonctionnaires de police et peut donc impliquer des membres des services du parquet de Versailles. Le Défenseur des droits a de son côté annoncé l'ouverture d'une enquête.