"On est considérés par le gouvernement comme une génération crash-test" : témoignages de lycéens mobilisés à Paris

Un cortège de lycéens et d’étudiants a traversé Paris pour manifester place de la République vendredi. 

Manifestation de lycéens place de la République à Paris, vendredi 7 décembre.
Manifestation de lycéens place de la République à Paris, vendredi 7 décembre. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Plus de 1 500 personnes se sont réunies vendredi 7 décembre place de la République à Paris. Lycéens, étudiants et professeurs entraînés par la vague du mouvement des "gilets jaunes". La manifestation, partie de la place de Stalingrad, s'est déroulée dans le calme, contrairement aux débordements signalés dans d'autres cortèges pour cette cinquième journée de mobilisation des lycéens

Le reportage de Farida Nouar.
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Comme les "gilets jaunes", ces jeunes veulent se faire entendre et parlent d’un "quotidien difficile", de la "peur de l’avenir". Des attentes auxquelles le gouvernement ne répond pas, selon eux. Ils dénoncent aussi les réformes, à commencer par celle du bac. "On vient du 93, il veulent faire un 'bac local', du coup notre bac n’aura plus la même valeur que les autres, s'inquiète ce lycéen. 

La France affiche 'liberté égalité fraternité' mais on ne voit que de l'inégalitéUn lycéen

"En fait, le gouvernement teste sur nous toutes les réformes. La sélection à l’université, Parcoursup, le SNU (service national universel). On est considérés par le gouvernement comme une génération crash-test", résume à autre lycéen. 

Lycéens et étudiants, même combat

Dans le cortège, on trouve aussi des étudiants venus soutenir les lycéens. Clément est venu de Tolbiac et s’inquiète aussi pour son avenir. "Le gros problème actuel, c’est l’augmentation des frais d’inscription prévue pour les étudiants étrangers. C’est une honte. L’État se désengage d’année en année de l’université et de l’enseignement supérieur et il veut nous faire porter le chapeau, faire payer les étudiants, c’est inadmissible", lance-t-il. 

L’éducation est un droit ce n’est pas un objet qu’on peut marchander.Un étudiantà franceinfo

La manifestation se passe dans le calme. Ces jeunes rejettent les débordements de ces derniers jours mais condamnent aussi la répression policière, en particulier ce qui s’est passé à Mantes-La-Jolie. Et même si Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, s'est dit choqué par la vidéo qui montre l'interpelation de 157 lycéens, pour Louis Boyard, président de l'Union nationale lycéenne (UNL), "c’est une façade". "La ligne du gouvernent aujourd’hui par rapport au mouvement lycéen est posée : il s’agit de mater la révolte", selon le président du syndicat lycéen.

Il est intolérable qu’on débloque des lycées à coup de gaz lacrymogène et de flash-ball. Nous demandons au gouvernement d'arrêter d’utiliser ces outils.Louis Boyard, président de l'UNLà franceinfo

Le président de l'UNL qui dénonce aussi le manque de dialogue du gouvernement.