Mobilisation des lycéens : "Il y a énormément d'éléments extérieurs" qui viennent "foutre le bordel", selon un syndicat lycéen

Le président de l'Union nationale lycéenne dénonce les violences pendant les dernières manifestations, alors que les lycéens descendent à nouveau dans la rue vendredi.

Les lycéens dans la rue pour manifester contre la réforme du bac, à Toulouse, le 11 décembre 2018.
Les lycéens dans la rue pour manifester contre la réforme du bac, à Toulouse, le 11 décembre 2018. (XAVIER DE FENOYL / MAXPPP)

Louis Boyard, président de l’Union nationale lycéenne (UNL), a dénoncé vendredi 14 décembre sur franceinfo "les éléments extérieurs" qui viennent "foutre le bordel devant les blocus". Les lycéens redescendent dans la rue vendredi pour dénoncer Parcoursup, le service national universel et la réforme du lycée et du bac. 61 lycées sont perturbés vendredi après-midi dont douze sont bloqués, selon les derniers chiffres du ministère de l'Éducation.

"Il y a énormément d'éléments extérieurs qui viennent. Je pense aux camarades du 93 qui expliquaient qu'ils faisaient leur blocus tranquillement et qu'il y avait des entités extérieures qui venaient pour 'foutre le bordel' devant les blocus. Je les cite. Il y a aussi des lycéens qui cassent", a-t-il expliqué. Un mode d'action qu'il juge peu efficace : "Je ne pense pas que ce mode d'action permettra de gagner. Le gouvernement utilise cette violence pour contourner les débats. On préfère parler de nos revendications que des violences qui sont assez minoritaires", a-t-il souligné.

Le mouvement peut durer

La mobilisation lycéenne a commencé il y une quinzaine de jours dans la foulée de celle des "gilets jaunes". Elle concerne, en majorité et de façon assez inédite, les établissements scolaires dans les zones rurales ou les villes moyennes plutôt que ceux des grandes villes. Louis Boyard prévient que le mouvement peut durer : "On a un gouvernement qui joue la course contre la montre en attendant les vacances de Noël. Nous, on prépare déjà la rentrée scolaire. On continuera la mobilisation. On garde plus ou moins des forces (...) On se réserve et on relancera tout à la rentrée (...) C'est un mouvement qui va durer longtemps. C'est un ministre qui ne cède pas facilement. On se réserve et on balancera tout sur la suite, a-t-il prévenu. D'autres 'grosses dates' vont être programmées la semaine prochaine pour de nouvelles mobilisations", a-t-il ajouté.

Les blocages ne font pas l'humanité au sein des lycéens, mais, pour Louis Boyard, il n'y a pas d'autres choix : "C'est le seul moyen qu'ont les lycéens pour se faire entendre. Avant on portait des revendications. Blanquer [le ministre de l'Éducation nationale] ne nous écoutait pas. Depuis qu'il y a des centaines de lycées qui sont bloqués, il a beaucoup plus paniqué", selon lui. "C'est le seul outil d'expression que possèdent les lycéens", a-t-il estimé.