Manifestation des "gilets jaunes" contre les violences policières : "Je vais porter plainte", annonce le syndicaliste lycéen blessé samedi à Paris

Louis Boyard préside l'Union nationale des lycéens. Il dit avoir été atteint au pied par un tir de flash-ball.

Des \"gilets jaunes\" rassemblés place de la République, à Paris, le 2 février 2019, pour protester contre les violences policières lors des manifestations.
Des "gilets jaunes" rassemblés place de la République, à Paris, le 2 février 2019, pour protester contre les violences policières lors des manifestations. (VALENTINE ZELER / HANS LUCAS/AFP)

Louis Boyard a été blessé, samedi 2 février, à Paris, lors de la manifestation des "gilets jaunes" contre les violences policières. "Je me suis bien pris un tir de LBD [lanceur de balles de défense, plus connu sous l'appelation de flash-ball] au pied. Tout le pied semble cassé, la peau réagit très mal", a raconté sur Twitter le président de l'Union nationale des lycéens (UNL). Et de préciser : "L'ambulance m'emmène à l'hôpital, je vais bien." Dimanche " février, il a expliqué à franceinfo qu'il comptait porter plainte.

Franceinfo : Dans quelles circonstances avez-vous été blessé ?

Louis Boyard : J'étais place de la République à Paris samedi à la manifestation en soutien aux blessés des violences policières. Je me trouvais à 10 m à peu près des policiers, mais j'ai été visé sans que je comprenne pourquoi alors que je n'étais pas dans un groupe. J'étais seul, en tant que représentant syndical lycéen, sans gilet jaune, et je manifestais pacifiquement. 

Il y a eu un mouvement de foule et j'ai ressenti une douleur au pied, dû, je pense, à un tir de LBD, puis des évanouissements, des vomissements. J'ai été très vite pris en charge par les les pompiers qui m'ont dit "vous avez probablement une fracture". Je suis arrivé vers 19 heures à l'hôpital Saint-Antoine aux urgences.

Comment ça s'est passé, aux urgences et depuis ?

La salle d'attente était remplie de "gilets jaunes" blessés. Quelqu'un en face de moi avait reçu un tir dans le genou et ne pouvait plus marcher, un autre avait un sparadrap dans l'œil... Les urgences étaient totalement surchargées, il y avait plusieurs heures d'attente. Pour ma part, j'ai énormément de chances, parce que je n'ai pas de fractures, mais un gros hématome : un œdème, en fait. Les médecins des urgences m'ont pris vers 23h30. Ils m'ont soigné, et je suis sorti vers 1h30 du matin. Aujourd'hui, je prends des antidouleurs, vu l'état de mon pied, qui a doublé de volume.

Allez-vous porter plainte ?

Je n'ai pas envie de dire dire qu'après un tir de LBD, je cède à la peur. D'abord, j'irai à la manifestation des lycéens, mardi 5 février, et j'appelle tous les lycéens à manifester et à bloquer les lycées. Ensuite, j'ai un message pour le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner : je vais porter plainte. Je suis en train de voir précisément avec les avocats les modalités de cette plainte.

Et je demande à nouveau, comme je l'avais déjà fait après ce qui s'est passé à Mantes-la-Jolie [où des lycéens, le 6 décembre, avaient été contraints de s'agenouiller par des policiers dans le cadre d'une arrestation collective] à ce qu'il me reçoive. Soit comme représentant syndical de l'Union national des lycéens, soit, désormais, comme victime, et avec d'autres victimes des violences policières.