Mobilisation des lycéens : 450 établissements "perturbés" dont 50 totalement bloqués, le point région par région

Près de 40 lycéens ont été interpellés lundi dans toute la France.

Des centaines d\'élèves de lycées de Roubaix et Tourcoing rassemblés à Roubaix sur l\'avenue Général de Gaulle.
Des centaines d'élèves de lycées de Roubaix et Tourcoing rassemblés à Roubaix sur l'avenue Général de Gaulle. (FRANCOIS CORTADE / FRANCE-BLEU NORD)

Lundi 10 décembre, 450 lycées étaient "perturbés" dans toute la France, dont 50 "totalement bloqués" par la reprise de la mobilisation des lycéens, a appris franceinfo auprès du ministère de l'Éducation nationale. C'est deux fois moins que vendredi dernier. Les forces de l'ordre ont procédé à 40 interpellations dans toute la France. 

Auvergne-Rhône-Alpes

Le ministère a précisé que la situation était bien plus calme que la semaine dernière. Cependant, à Saint-Étienne, au moins une personne a été blessée au visage place de l'Hôtel de Ville et prise en charge par les pompiers. Il s'agirait d'un éclat de bombe lacrymogène, ont indiqué des témoins à France Bleu Saint-Étienne Loire. Au moins six manifestants ont été interpellés.

À Valence, des incidents ont été recensés dans le quartier Briffaut avec une centaine de jeunes manifestants, a précisé France Bleu Drôme-Ardèche. Il y a eu des tirs de gaz lacrymogène du côté des forces de l'ordre. Deux jeunes ont été interpellés et une voiture a été incendiée près du Palais des sports Pierre Mendès-France.

À Grenoble, les lycées des Eaux-Claires et Mounier ont subi des perturbations, ainsi que les lycées Marie-Curie à Échirolles et Pablo-Neruda à Saint-Martin-d'Hères. "Voiture retournée, portail brûlé, poubelles incendiées, affrontements avec les forces de l'ordre, trams arrêtés" liste France Bleu Isère, qui constate que les cours ont repris en fin de matinée.

Bourgogne-Franche-Comté

Le préfet du Doubs a quant à lui pris les devants. A la suite des débordements de vendredi dernier à Montbéliard, il a appelé les lycéens à désigner des portes-parole pour éviter l'infiltration de casseurs dans le cortège, a rapporté France Bleu Belfort-Montbéliard

Grand-Est

En Lorraine, cinq personnes ont été interpellées ce matin après des jets de projectiles sur les policiers devant le lycée Callot de Vandoeuvre-les-Nancy, rapporte France Bleu Sud Lorraine. Deux poubelles ont été incendiées. Les policiers ont essuyé des jets d'oeufs et de pierres. Cinq personnes dont quatre mineurs se trouvent en garde à vue.

En Alsace, la rectrice Sophie Béjean a lancé un appel au calme, à la prudence et à la vigilance. "Toutes les mesures sont prises pour garantir la sécurité des élèves et des personnels", assure-t-elle, alors que les lycéens étaient de nouveau mobilisés ce matin, comme à Strasbourg et Mulhouse. "Face à face tendu à Mulhouse", rapporte France Bleu Alsace. Entre 200 et 300 jeunes étaient regroupés porte Jeune. Le centre commercial est fermé. La circulation des trams et des voitures a été interrompue dans la matinée. Les forces de l'ordre étaient également présentes devant les lycées Pasteur et Marcel Rudloff à Strasbourg. Des lycéens se sont aussi mobilisés en gare de Haguenau. Vendredi dernier, deux policiers avaient été blessés lors d'une manifestation à Mulhouse. Il y avait eu une trentaine d'interpellations en Alsace.

Île-de-France

En région parisienne, les perturbations concernent notamment les Hauts-de-Seine, où trois personnes ont été interpellées, des véhicules dégradés près d'un lycée à La Garenne-Colombes et des projectiles incendiaires lancés en direction du lycée. En Seine-Saint-Denis, 41 établissements étaient concernés dans la matinée des manifestations, selon la police, qui évoque deux voitures brûlées et 12 interpellations. À Paris, le rectorat a recensé 17 lycées perturbés dans la matinée. Des lycéens ont tenté de pénétrer dans l'enceinte du site historique de la Sorbonne, dans le Ve arrondissement. Le bâtiment a été évacué et fermé. 

Des tensions ont également éclaté à Vincennes, dans le Val-de-Marne, entre lycéens et forces de l'ordre. Ces dernières ont répliqué à coup de gaz lacrymogène, a noté sur place France 3 Paris. Deux accès supplémentaires de la station du RER A ont été temporairement fermés. 

Nouvelle-Aquitaine 

En Gironde, France Bleu a constaté des feux de poubelle allumés par des lycéens devant leur établissement à Arcachon.

Occitanie

Une vingtaine d'élèves a été interpellée à Montpellier, en marge d'actions contre la réforme du lycée ou de Parcoursup, rapporte France Bleu Hérault, notamment aux lycées Jules Guesde, Mendès France, Mermoz, La Colline ou Champollion de Lattes. Dans un communiqué, la rectrice a lancé un appel au calme et demande aux lycéens de ne pas se laisser entraîner dans des débordements. Une centaine d'entre eux a occupé les voies du tram avenue de Lodève, allumant des brasiers et occasionnant d'importants retards sur la ligne 3, d'après France 3 Occitanie

En tout, une trentaine d’établissements de l’académie de Montpellier étaient concernés lundi par des tentatives de blocage ou blocages filtrants. Les gendarmes sont intervenus pour déloger des élèves du lycée Joseph Vallot, situé à Lodève. Ils ont fait usage de gaz lacrymogène pour libérer l'entrée. 

À Béziers, 200 élèves environ ont manifesté dans le calme.

À Toulouse, le lycée des Arènes et le lycée polyvalent Rive Gauche étaient partiellement bloqués par des élèves ce matin. Des lycéens protestent contre la réforme du baccalauréat et contre Parcoursup. Au lycée Saint-Sernin, des professeurs devaient tenir une assemblée générale lundi matin à 11 heures.

Provence-Alpes-Côte d'Azur

À Avignon, dans le Vaucluse, neuf personnes ont été interpellées en marge des manifestations contre la réforme du lycée ou de Parcoursup, rapporte France Bleu Vaucluse, joint par franceinfo. Un face-à-face a eu lieu durant la matinée entre CRS et lycéens devant le lycée Philippe de Girard et dans les rues alentours avec des "jets de pierres et de grenades lacrymogène", a constaté un journaliste sur place. Parmi les neuf interpellés figuraient au moins deux adultes, a-t-il encore indiqué.