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Universités bloquées : le recours aux examens sur internet fait débat

La ministre de l'Enseignement supérieur y est favorable. Le président de la Conférence des présidents d'universités est plus réservé.

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France Télévisions
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La faculté de lettres de Montpellier (Hérault) bloquée par des étudiants, le 30 mars 2018. (MAXPPP)

Aux grands maux, les grands remèdes. A Montpellier (Hérault), la faculté de lettres est bloquée depuis deux mois par des étudiants qui s'opposent à la réforme du gouvernement sur l'accès à l'université. Impossible dans ces conditions d'organiser des examens. Les épreuves auront donc lieu sur internet. Mais cette solution divise.

La ministre n'y voit "pas d'inconvénient"

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, y est favorable. Elle s'en explique dans un entretien, samedi 7 avril, à Ouest France. "Certaines universités pratiquent avec succès et satisfaction de la part des étudiants ce type d’examens en ligne depuis plusieurs années, ce qui montre que c’est tout à fait possible et que ça fonctionne. La façon dont les examens sont organisés relève des présidents d’universités. S’ils choisissent, dans certains cas précis, de faire passer des examens sur internet, je n’y vois pas d’inconvénient."

Pour autant, la ministre n'écarte pas d'autres solutions. "Une université est composée de plusieurs facultés, il est toujours possible de délocaliser les examens dans les facultés ou ailleurs, là où le climat est plus serein." Mais elle l'assure : "Les examens auront bien lieu."  Et "il n’est pas question de brader un seul diplôme, de faire des semestres blancs, ou encore de mettre la moyenne à tout le monde", comme certains étudiants l'ont demandé.

Le patron des présidents d'université privilégie d'autres solutions

Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d'université et de l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, n'est pas de cet avis samedi sur franceinfo. "Dans les sites où il n'y a pas de difficultés majeures et où il y a juste certains sites de bloqués, mais [où] la totalité de l'université fonctionne, il n'y a pas de raison de mettre en place ce genre de choses." 

En cas de blocage, la mise en place des examens en ligne n'est pas obligatoire selon lui, car "il y a la possibilité aussi de louer d'autres amphithéâtres, il y a d'autres universités dans la même ville qui peuvent accueillir des examens".

Les étudiants et les enseignants sont réservés

Sur le campus de la fac montpelliéraine, les étudiants interrogés par France 2 sont sceptiques. "Ils ont trouvé ça, on l'accepte, mais ça ne vaut pas des partiels en amphi", regrette une première. "Je trouve que ça stresse encore plus", témoigne une deuxième.

Dans Le Figaro, une troisième y voit une "bonne solution alternative pour permettre à tous de passer les examens". Elle juge que c’est "le seul moyen de valider notre année par la méritocratie et d’avoir un diplôme ayant de la valeur". "Elle permet aux bloqueurs de continuer leur lutte et aux étudiants qui le souhaitent de passer leurs examens", plaide-t-elle.

Un professeur d'université explique au Figaro qu'il n'y est "pas forcément hostile", mais que "cela doit être pensé en amont et non pas improvisé". "Pour un enseignant, il est impossible de savoir qui compose, si l’étudiant est seul ou non lorsqu’il compose, s’il a appris son cours ou s’il répond en le parcourant, s’il cherche des réponses sur Google, explique-t-il. Certains enseignants prévoient de proposer des QCM, ce qui n’a aucun sens lorsqu’on ne peut contrôler qui répond."

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