Manifestation des profs à Paris : "On met les élèves dans des difficultés incroyables"

Plus de 10% des professeurs étaient en grève lundi, selon le ministère de l'Education, pour protester contre les suppressions de postes. De nombreux défilés étaient organisés partout en France.

Manifestation des personnels de l\'Education nationale pour protester contre les suppressions de postes prevues dans le cadre du budget 2019. 
Manifestation des personnels de l'Education nationale pour protester contre les suppressions de postes prevues dans le cadre du budget 2019.  (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Selon les syndicats, la grève contre les suppressions de postes dans l'Education nationale était suivie lundi 12 novembre par près d'un enseignant sur deux dans le second degré et un sur quatre dans le primaire. De son côté, le ministère ne recense que 10% de grévistes. A Paris, selon la police, 3 900 manifestants composaient le cortège parti du Jardin du Luxembourg pour rallier le ministère..

Tous les syndicats de l’éducation réunis dans un seul et même cortège, c’est du jamais vu depuis plus de sept ans. Ces syndicats critiquent les 2 650 suppressions de postes prévus l’an prochain au collège et au lycée. Alors que le nombre d’élèves continuent d’augmenter, ces suppressions auront des conséquences, selon Antoine, qui enseigne le français dans un collège de Clichy-sous-Bois : "Nous en Seine-Saint-Denis, on le sent déjà. Chaque année nous avons des suppressions de postes. Si on nous annonce encore des postes en moins, je ne sais pas comment cela va se finir, mais ça va mal se finir ! On met les élèves dans des difficultés incroyables."

1 800 postes supplémentaires dans le primaire

A Paris, les manifestants ont défilé derrière une banderole : "Pour une autre politique dans l'éducation. Refus de toutes les suppressions de postes." Dans le cortège, il y a des profs de collège et de lycée, mais également des enseignants de primaire. Ces derniers vont gagner 1 800 postes. C’est la priorité du ministre Jean-Michel Blanquer. Pourtant, ce n’est pas la solution reconnaît Eric, professeur à Bagneux : "Il ne faut pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Dans le premier degré, on a des besoins mais il ne faut pas se leurrer, quand on pique des postes dans le second degré, on en pique également dans le premier degrés."

Près d'un millier de manifestations étaient prévues dans toute la France. A Lyon, 1 800 personnes se sont rassemblés, 2 500 selon les organisateurs.