Les programmes de l'école primaire vont (encore) changer

Les 300 000 professeurs des écoles sont invités à plancher sur les programmes à partir de lundi, dans le cadre d'une vaste consultation. Francetv info détaille cette nouvelle réforme.

Dans la classe d\'une école élémentaire à Mulhouse, le 15 février 2013. Les nouvaux programmes du primaire entreront en vigueur entre 2014 et 2017. 
Dans la classe d'une école élémentaire à Mulhouse, le 15 février 2013. Les nouvaux programmes du primaire entreront en vigueur entre 2014 et 2017.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Après l'épineuse réforme des rythmes scolaires, toujours en cours, Vincent Peillon, le ministre de l'Education, lance un nouveau chantier non moins périlleux : la révision des programmes du primaire. Les 300 000 professeurs des écoles sont invités à plancher dessus à partir de lundi 23 septembre, dans le cadre d'une vaste consultation. Ils doivent remettre leur copie le 18 octobre, avant le début des vacances de la Toussaint. Francetv info plante le décor.

L'historique : trois ministres, trois réformes

Ils changent tous les six ans depuis 2002. Comme le rappelle France Info, les programmes du primaire ont été réformés sous Jack Lang, en 2002, sous Xavier Darcos en 2008, et s'apprêtent à l'être sous Vincent Peillon en 2014. A chaque ministre de l'Education sa vision de ce que l'école primaire doit enseigner.

En février, Vincent Peillon avait démenti vouloir alléger les programmes pour faire accepter aux enseignants sa réforme des rythmes scolaires. Le ministre avait en revanche estimé que "les pro­grammes de 2008" n'étaient "pas les bons programmes". Et rap­pelé avoir ins­crit dans la loi sur la refondation de l'école la création d'un Conseil supé­rieur des pro­grammes (CSP). Objectif : refaire "démo­cra­ti­que­ment (...) les pro­grammes de la mater­nelle jusqu'à la ter­mi­nale".

Le contenu : moins de "par cœur", plus d'expérimentation 

Dans un premier temps, les instituteurs sont invités à donner leur avis sur les programmes actuellement en vigueur, entre les difficultés d'application rencontrées et les éléments à conserver, et à élaborer des pistes de réforme. "Il faut en finir avec l’épisode calamiteux de 2008 !", s'exclame Sébastien Sihr, du SNUIPP-FSU, syndicat majoritaire, dans Le Monde. "L'accent a été mis sur le par cœur, laissant de côté ce qui relève de l’expérimentation, de la découverte, ce qui permet la construction des apprentissages", détaille-t-il.

Comme l'explique France Info, l'objectif poursuivi en 2008 était le retour aux fondamentaux, avec un renforcement de l'enseignement des maths et du français. "Le lire, écrire, compter et le par cœur", voilà ce qui primait, poursuit la radio sur son site, rappelant qu'à cette époque, le primaire était dans le collimateur. En cause, le taux d'échec des élèves arrivant au collège, et notamment leur niveau de lecture et d'orthographe.

La méthode : une consultation ouverte, en deux temps

En 2008 et en 2002, les enseignants avaient été consultés mais sur des pré-projets de programmes, souligne Le Monde. Vincent Peillon, accusé d'un manque de concertation sur la réforme des rythmes scolaires, ne veut pas réitérer l'expérience. Il a donc demandé aux recteurs d'académie de mettre en œuvre une "large consultation" afin de"recueillir les avis et suggestions" des enseignants et des inspecteurs.

Trois heures seront accordées aux professeurs des écoles, sur leur temps de service mais en dehors des heures de cours, pour "brainstormer" sur cette réforme des programmes. Leur contribution, individuelle ou collective, sera ensuite transmise via les académies au CSP, installé d'ici à la fin septembre. 

Dans un second temps, les enseignants consacreront à nouveau trois heures, à la fin de l'année scolaire, pour examiner et commenter les propositions de nouveaux programmes formulées par le CSP. L'objectif, selon Le Monde, est une entrée en vigueur progressive entre la rentrée 2014 et la rentrée 2017.