Les présidents d'université demandent la suspension de la hausse des frais pour les étudiants étrangers

Le gouvernement a annoncé en novembre qu'il allait augmenter les frais de scolarité dans les universités pour les jeunes extra-Européens

Manifestation contre la politique d\'Emmanuel Macron à l\'université de Tolbiac, à Paris, le 5 décembre 2018. 
Manifestation contre la politique d'Emmanuel Macron à l'université de Tolbiac, à Paris, le 5 décembre 2018.  (MUSTAFA YALCIIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

"La France a besoin des étudiants internationaux qui contribuent à son développement et à son rayonnement dans le monde." Dans un communiqué publié lundi 10 décembre, la conférence des présidents d'université (CPU) demande au gouvernement de suspendre la hausse prévue des frais d'inscription pour les étudiants extra-communautaires.

Le gouvernement a annoncé en novembre qu'il allait augmenter les frais de scolarité dans les universités pour les jeunes extra-Européens, tout en affirmant vouloir attirer davantage d'étudiants internationaux en améliorant la politique des visas et en offrant davantage de bourses. Depuis la semaine dernière, quelques universités (Tolbiac, Nanterre, Rennes-2...) ont lancé un mouvement de contestation de cette annonce, en profitant de la vague de revendications des "gilets jaunes".

"Risque important d'exclure des étudiants et des doctorants"

Pour les présidents d'université, le plan du gouvernement "propose des mesures positives et attendues". "Mais l'augmentation générale des droits d'inscription annoncée ne constitue pas une réponse adaptée, car elle porte en elle le risque important d'exclure des étudiants et des doctorants que nous accueillons aujourd'hui", ajoute-t-elle. Regrettant une absence de concertation, son conseil d'administration "demande que l'entrée en vigueur des dispositions en cause soit suspendue".

Dans une lettre adressée lundi aux présidents d'université et aux directeurs des écoles de l'enseignement supérieur, la ministre Frédérique Vidal s'est voulu rassurante. Les étudiants internationaux qui "résident depuis plusieurs années en France (...) acquitteront les mêmes frais d'inscription que les étudiants européens", écrit-elle notamment. De même, les étudiants qui ont déjà commencé leurs études en France "ne sont en aucun cas concernés par ces frais différenciés", assure-t-elle.