Les évaluations en CP/CE1, saluées par le ministre de l'Éducation, deviennent de la "propagande gouvernementale" estime la FCPE

"Ces évaluations ont été faites sur des critères académiques de français, d'anglais, qui permettent de redorer l'image de la France à l'étranger" sans permettre de servir "d'outil d'analyse et de perspective" estime Rodrigo Arenas, président de la FCPE.

Illustration. Une salle de classe le 2 septembre 2019 à Paris. 
Illustration. Une salle de classe le 2 septembre 2019 à Paris.  (MARTIN BUREAU / AFP)

Les évaluations nationales en CP et CE1 font apparaître des "progrès significatifs" chez les élèves, selon le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui révèle ses conclusions dans le JDD, dimanche 3 novembre. Pour Rodrigo Arenas, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, invité de franceinfo ce dimanche, ces évaluations, "dévoyées", deviennent "de la propagande gouvernementale à peine voilée".

Selon le président de la FCPE, "les évaluations ne sont pas faites pour cela, elles sont faites comme un outil d'appui pour les enseignants, et certainement pas pour faire une évaluation qui devient de la propagande gouvernementale à peine voilée. Elles sont dévoyées". Pour lui, la FCPE les considère comme "des choses sérieuses" ; "l'année dernière elles n'étaient pas bonnes, et c'était la faute des prédécesseurs. Cette année, par miracle, elles sont devenues géniales, de son point de vue en tout cas car il y a des points qui ne sont pas au niveau attendu", relève-t-il.

Loin des préoccupations premières des parents 

"Les parents ne nous parlent pas de ça", assure Rodrigo Arenas. "Ils nous parlent de la pollution, du coût du périscolaire, des absences non remplacées, d'élèves qui n'ont pas de cours depuis de nombreuses semaines, des cas de harcèlement, de violences, de nourriture à la cantine scolaire avec des cas de santé publique, des ouvertures et fermetures de classes, le coût des transports. Tout cela, c'est sérieux, c'est autre chose que de se donner des autosatisfactions sur des évaluations qui portent sur des années qui ne sont même pas comparables. Par définition, des évaluations doivent s'analyser sur plusieurs années".

Pour le président de la FCPE, les enseignants font déjà un travail d'évaluation, notamment pour permettre d'individualiser leur enseignement en fonction des différents élèves qu'ils suivent

Ce n'est pas une évaluation qu'on traite comme un sondage qui va permettre de changer les choses.Rodrigo Arenasà franceinfo

"Ces évaluations ont été faites "plutôt sur des critères académiques de français, d'anglais, qui permettent de redorer l'image de la France à l'étranger", estime-t-il, sans permettre de servir "d'outil d'analyse et de perspective". "J'en veux pour preuve la hausse extraordinaire des cours particuliers parce qu'on met la pression sur des évaluations qui n'apporteront pas de réponses à leurs préoccupations", assure Rodrigo Arenas.

"Tant mieux" si le gouvernement propose des mesures pour répondre aux problèmes spécifiques de territoires comme la Seine-Saint-Denis, avance Rodrigo Arenas, tout en estimant que le gouvernement est "en retard" sur ces propositions, formulées selon lui par la FCPE il y a plusieurs années. Mais le "problème numéro un", assure-t-il, est celui du recrutement. "Il faut des moyens humains, car l'école est une aventure humaine", faite d'enseignants "en recherche de reconnaissance de leur travail". "Enseignant, c'est un métier, ce n'est pas un emploi. Aujourd'hui nous assistons à une dévalorisation du métier, qui peut-être donnera de bons résultats dans les examens, mais ne réglera pas la question du bien-être à l'école", conclut Rodrigo Arenas.