Le Lamentin, Martinique : le périscolaire, quelle organisation ?

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Samedi matin au lycée Acajou 1, au Lamentin, une ville de la
Martinique. 8 heures. Une classe séparée en deux groupes : les uns vont en
devisant vers la salle où les attend le professeur ; d'autres,  trainent les pieds, suivant lentement la
gestionnaire qui les précède vers la salle d'étude. Ce matin, beau match en
perspective : volontaires à l'étage, en salle B 15 versus grincheux, au
rez-de-chaussée, en salle B1. Les premiers vont écrire un reportage sur le
temps périscolaire tel qu'il est organisé par le maire d'une commune ; ils
ont apporté leurs documents et le résultat de leur enquête. Les autres sont en "retenue" :
ils ont été "collés" parce qu'ils n'avaient pas fait les exercices
demandés par le professeur d'espagnol. Samedi matin : sont-ils en "temps
scolaire" ? en "temps périscolaire" ? en activité "extra-scolaire" ?


Mettons-nous
d'accord !
Quand on les interroge, tous les lycéens n'ont pas la même
définition de ces mots. Certains confondent temps libre, temps  périscolaire et temps extra-scolaire :
ils citent le ''catéchisme" ou  le
sport pratiqué en club comme activités possibles.
Quand on cherche sur des sites officiels, comme par exemple,
Eduscol, on apprend que le temps périscolaire est le " le temps que
l'élève passe à l'école en dehors des
cours obligatoires : accueil du matin et du
soir, déjeuner,
ateliers distractifs
ou culturels du
temps de
midi,
études
et autres permanences". Par conséquent, l'activité périscolaire est "une
activité de
l'élève qui peut se réaliser hors du temps scolaire et hors du
contrôle direct
de
l'enseignant mais qui est directement liée dans
son contenu à une tâche scolaire : devoirs et leçons, révision, recherche documentaire
et réalisation de
dossiers,
préparation aux examens, lectures recommandées, etc.", selon la même source.
Le temps extra-scolaire serait, lui, situé en soirée, le
mercredi lorsqu'il n'y a pas classe, en fin de semaine et pendant les vacances
selon la circulaire du 7 juillet 1998.


Le rôle du maire
Un entretien avec un conseiller municipal d'une commune du
centre de la Martinique, a informé des dispositions que le maire a prises pour
organiser le "temps périscolaire" dans les écoles : réunions
pour mettre en place un programme d'activités intéressants pour les enfants,
financement des sorties, attention à une mise en œuvre conforme à la
réglementation, particulièrement pour ce qui concerne l'encadrement et la
formation des personnels. Ainsi cette municipalité plutôt rurale peut se vanter
d'accueillir beaucoup d'enfants avec un personnel titulaire à 80% de son Brevet
d'Aptitude aux Fonctions d'Animation (BAFA). Les activités sont variées et un
projet communal fédère quelques écoles : ainsi trois écoles de la commune
travaillent-elles sur la connaissance des plantes médicinales locales. Le
conseiller municipal évoque avec émotion le dialogue qu'il a eu avec un
" petit bout 'chou " de deux ans sur la vertu de l'atoumo (Alpinia zerumbet )  et du diapana *(Ayapana
triplinervis).


Du côté des usagers
Quel regard les enfants du primaire ont-ils sur ce temps et
ces activités périscolaires ?  Les
avis sont partagés : certains enfants 
apprécient ; d'autre pas. Les gouts sont divers : certains
sont à l'aise dans le cadre et d'autres sont plus réticents parce qu'ils
préfèreraient rester à la maison avec leurs parents. La plupart des lycéens
reconnaissent que, dans leur entourage, peu d'enfants parlent de ce temps
périscolaire.


Enfant, adolescent puis électeur
La notion de "temps périscolaire" est donc mal
connue des lycéens : ils l'ont nécessairement vécu avant d'arriver au
lycée ; des enfants, autour d'eux, bénéficient  des activités qui y sont proposées mais la
distinction n'est pas faite entre ce qui a un lien direct avec l'école, le
périscolaire, et ce qui ne l'est pas, l'extrascolaire.
Or, les lycéens sont de futurs électeurs ; ils auront à
faire des choix et voteront pour quelqu'un qui décidera de la politique
sociale, culturelle de la ville où ils habiteront. Leur méconnaissance des
activités et de l'organisation du temps périscolaire est symptomatique.
Pourquoi ne sont-ils donc  pas plus
impliqués dans la vie de leur commune ? Seront-ils toujours retenus ou "en
retenue" ?

Sitouze, Lise, Félicité, Betzie,
Monta, Kamatchy, Racine, Lingibe, élèves de la 2nde 1 du lycée
Acajou 1 (Lamentin, Fort-de-France)