Cet article date de plus de deux ans.

La 36e place de Sorbonne Université au classement de Shanghaï "montre la dynamique des universités françaises dans le monde"

Sorbonne Université a gagné quatre places au classement en un an. Pour son président, cela montre notamment que "la science et les universités françaises sont vraiment performantes".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Sorbonne Université se classe 36e du classement de Shanghaï 2018. (LOIC VENANCE / AFP)

Les universités françaises sont toujours à la traîne du classement de Shanghaï qui répertorie les meilleurs établissements d'enseignement supérieur du monde. Seules 19 d'entre elles figurent parmi les 500 universités du classement 2018 dévoilé mercredi 15 août.

La première d'entre elles est Sorbonne Université, qui figure à la 36e place. Ce qui "montre la dynamique et la place des universités et de la science française au niveau mondial" selon son président, Jean Chambaz, interrogé sur franceinfo.

franceinfo : Sorbonne Université, c'est la fusion l'an dernier de Paris IV, de Paris Sorbonne et de l'université Pierre et Marie Curie. La fusion vous a fait gagner quatre places en un an, pourquoi seulement quatre places ?

Jean Chambaz : Les 19 universités françaises classées sont devant les universités chinoises, qui sont en outre bien plus nombreuses que les universités françaises. Se retrouver 36e au niveau mondial et 9e au niveau européen est une belle performance, et ça montre la dynamique et la place des universités et de la science française au niveau mondial. Si on compare le budget de Sorbonne Université de 650 millions d'euros avec les milliards des universités les mieux classées, la science et les universités françaises sont vraiment performantes.

Comment expliquer la difficulté des universités françaises à progresser dans ce classement ?

C'est beaucoup une raison de critères. Le classement est stable, notamment par la prise en compte des prix prestigieux, des index de citation dans les meilleures revues anglo-saxonnes etc. Ces dernières années, on progresse ou on recule de quelques places. Nous ne faisons pas notre travail avec le regard fixé sur le classement de Shanghai. Si nous avons fait la fusion et créé Sorbonne Université comme une université de tous les savoirs, c'est pour être plus efficace dans notre recherche, c'est pour mêler le regard des sciences humaines et des sciences sociales avec celui des sciences de l'ingénierie et de la médecine, c'est pour mieux former nos étudiants avec une offre qui associe les différentes disciplines. Le classement de Shanghai nous met là, celui de Leiden nous classe 20e au niveau mondial. Le mois dernier, un nouveau classement, le "Times Higher Education", nous a classés 3e au niveau européen derrière Oxford et Cambridge, sur le critère d'éducation qui n'est justement pas pris en compte par Shanghai. Les signaux sont au vert pour les universités françaises. Le classement de Shanghai est un classement avec certaines références, on surjoue son rôle parfois aujourd'hui, mais c'est un indicateur qu'il faut prendre en compte.

Est-ce surprenant que le classement de Shanghai ne prenne pas en compte la qualité de l'enseignement des universités ?

Il n'existe pas de classement intégral. Shanghai a choisi il y a une quinzaine d'années de classer sur des critères de recherche, et essentiellement sur certains critères - scientifique, médical, ingénierie. C'est un classement comme un autre. Il faut prendre les classements pour ce qu'ils sont et ne pas leur donner plus d'importance. L'objectif de notre fusion n'est pas de progresser dans le classement. Puisque les disciplines de la faculté des Lettres ne sont pas prises en compte dans le classement de Shanghai, nous aurions dû chuter par effet de dilution. Nous progressons, ce qui montre la dynamique remarquable de nos équipes de recherche. Les différents classements, qui ont tous leurs erreurs et leurs imperfections, montrent que Sorbonne Université, comme d'autres universités de recherche en France, sont des universités de recherche de classe mondiale, jouent un rôle prééminent en Europe. Être neuvième université européenne, on peut en être fier.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.