L'Éducation nationale est "la plus grande enseigne de bricolage de ce pays", dénonce Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du Snes-FSU

Il manque des candidats aux concours d'enseignants malgré la prolongation de deux semaines du délai d'inscription.

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Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, professeur de sciences économiques et sociales, était invitée de franceinfo, le 12 septembre 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

L'Education nationale est "la plus grande enseigne de bricolage de ce pays", a dénoncé vendredi 2 décembre sur franceinfo Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du Snes-FSU, alors les concours enseignants font face à une pénurie de candidats. Les inscriptions à ces concours se clôturent vendredi. Plus de 4 000 postes n'ont pas été pourvus à l'issue des concours de juillet. Le ministère a prolongé de deux semaines les inscriptions dans le premier et le second degré, jusqu'à vendredi.

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"Il y a toujours une déperdition entre le nombre d'inscrits et celles et ceux qui se présentent au concours. Forcément on a des craintes pour la rentrée 2023, alerte Sophie Vénétitay. C'est pour ça qu'on appelle à des mesures d'urgence. Parce que tel que c'est parti, on va revivre en 2023 la même rentrée qu'en 2022, c'est à dire à grand coup de job dating, de petites annonces. Bref, tout ce qui fait de l'Education nationale la plus grande enseigne de bricolage de ce pays. Et ça, ce n'est pas acceptable parce qu'on parle quand même de l'éducation de nos enfants."

"Notre métier n'attire pas"

La secrétaire générale du Snes-FSU insiste sur la "crise d'attractivité" que traverse le métier d'enseignant : "Le métier n'attire plus du fait des conditions de préparation du concours. Les conditions d'entrée dans le métier sont compliquées. Une fois que vous avez eu le concours vous vous retrouvez stagiaire, mais à temps plein, lancé dans le grand bain avec plusieurs classes de plusieurs niveaux et c'est extrêmement difficile à gérer." Elle pointe également "les conditions salariales d'entrée dans le métier" qui "pèsent très lourd".

Autant d'ingrédients qui donnent "ce cocktail assez explosif qui fait qu'aujourd'hui notre métier n'attire pas", souligne Sophie Vénétitay. "Et ce n'est pas en deux semaines d'inscriptions supplémentaires qu'on va régler les choses." Selon elle, si deux semaines d'inscriptions supplémentaires ont été décidées, "c'est parce qu'il y avait moins d'inscrits au concours cette année que l'an dernier à la même époque, qui était déjà une année assez catastrophique"

La représentante du Snes-FSU souligne par ailleurs l'importance de garder un niveau master pour recruter les candidats, alors que le ministre Pap Ndiaye a récemment évoqué la possibilité de "pré-recruter à Bac +3 et rémunérer une formation en alternance, avec une forte pratique professionnelle de deux années supplémentaires". "Le fait de placer le concours en master permet quand même de s'assurer d'une bonne préparation disciplinaire, c'est à dire de maîtrise de la discipline que vous allez enseigner. C'est quand même ça le cœur de notre métier quand on se retrouve face aux élèves", insiste Sophie Vénétitay. "On ne s'improvise pas enseignant", ajoute la syndicaliste. "On l'a vu d'ailleurs en début d'année à travers toutes les opérations de job dating. On ne s'improvise pas enseignant, ça nécessite une formation solide et assez longue." 

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